Les carnets de Radicale

07 juillet 2015

Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers

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Benjamin Alire Saenz

Pocket Jeunesse

        Résumé de l'éditeur : Ari, quinze ans, est un adolescent en colère, silencieux, dont le frère est en prison. Dante, lui, est un garçon expansif, drôle, sûr de lui. Ils n'ont a priori rien en commun. Pourtant ils nouent une profonde amitié, une de ces relations qui changent la vie à jamais... C'est donc l'un avec l'autre, et l'un pour l'autre, que les deux garçons vont partir en quête de leur identité et découvrir les secrets de l'univers.

        Ce n'est pas le foudroyant coup de coeur attendu, mais un très joli roman dans lequel on rentre doucement, lentement, subtilement. Malgré le fait qu'Ari soit le narrateur, il est le personnage sur lequel on en sait le moins : il se pose beaucoup de questions, mais y apporte peu de réponses, ce qui correspond bien au style un peu lapidaire de l'écriture. J'ai beaucoup aimé l'environnement familial chaleureux, plein de complicité et d'amour des deux adolescents ; quant à leur relation, elle m'a irrémédiablement fait penser au mignon petit couple d'Eleanor & Park. Bref, un livre doudou réconfortant, indispensable pour vos valises cet été !

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30 mai 2015

Nous les menteurs

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e. Lockhart

Gallimard

        Résumé de l'éditeur : Une famille belle et distinguée. L'été. Une île privée. Le grand amour. Une ado brisée. Quatre adolescents à l'amitié indéfectible, les Menteurs. Un accident. Un secret. La vérité.

 

Bienvenue dans la splendide famille Sinclair.

Chez nous, il n’y a pas de criminels.

Pas de drogués.

Pas de ratés.

Les Sinclair sont sportifs, beaux, svelts. Nous sommes une vieille fortune. Nos sourires sont étincelants, nos mentons carrés, nos services de fond de court agressifs.

Qu’importe si les divorces nous lacèrent le cœur au point que notre pouls se débat. Qu’importe si les comptes fiduciaires se réduisent comme peau de chagrin ; si les relevés de cartes de crédit impayés traînent sur la table de la cuisine. Qu’importe si les flacons de cachets s’amassent sur la table de nuit.

Qu’importe si l’un d’entre nous est terriblement, désespérément amoureux.

Amoureux

au point

que des mesures tout aussi désespérées

s’imposent.

Nous sommes les Sinclair.

Chez nous, personne n’est dépendant.

Personne n’a tort.

Nous vivons, du moins l’été, sur une île privée au large du Massachusetts.

C’est peut-être tout ce que vous avez besoin de savoir.

 

        On m'avait prévenu : c'est un livre qui fait pousser un Oh my god. Sachant qu'il n'y a rien que j'aime plus au monde qu'un bouquin à hypothèses (mais si, souvenez vous comme je me suis emballée pour Menteuse, ou En attendant Godot, par exemple), j'ai été réellement enthousiasmée par cette lecture. J'ai dû émettre au moins 8 hypothèses principales sur le dénouement (attention, quelques exemples d'hypothèses, qui ne sont que des hypothèses... ou peut-être que je mens ! Entre autres : Gat n'existe pas, il est imaginaire ; il y a sur cette île un autre personnage dont la narratrice ne nous parle pas parce que la famille l'a symboliquement effacé comme le père de Cady ; Cadence s'est fait agresser par Gat et elle ou ses cousins l'ont tué, et la famille a fait disparaître le corps ; Cady est psychotique / psychopathe et a assassiné tout le monde, et tout plein de variantes !!)

        En plus d'une intrigue originale, bien construite et qui tient la route, l'écriture est précise et le récit est régulièrement interrompu par de petits contes transformés par Cadence, la narratrice. J'ai aimé cette répétition qui rythme le récit, et qui pousse à essayer de deviner ce qui se cache sous la croûte des symboles des contes.

        En réalité, dans ce roman, tout est question de vernis et d'apparences ; la famille Clairmont est glaçante, extrêmement crédible, et ses membres se déchirent sous des façades d'opulence et de vie heureuse.

Clairement, si vous avez un roman à choisir pour vos vacances, c'est LE roman de l'été ! Et ça me fait d'autant plus plaisir qu'e. Lockart est l'auteure du Journal d'une allumeuse et autres rééditions sous le nom du Journal de Ruby Oliver, une petite perle d'intelligence, de finesse et d'humour, qui n'avait jusqu'à maintenant pas eu le succès qu'elle mérite en France.

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20 mai 2015

Ces titres que je ne chroniquerai pas...32

Un petit point sur les livres auxquels je ne réserverai pas de chronique individuelle, par manque de temps, parce que je ne les ai pas fini, parce que je ne les ai pas compris... C'est parti !

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Conversion, de Katherine Howe, édité chez Albin Michel (Wiz)

Résumé : Colleen, Deena, Emma et Anjali sont en terminale dans le prestigieux lycée St Joan. Un jour de janvier, une de leurs camarades est prise de convulsions. Très vite, d’autres élèves présentent d’étranges symptômes : perte de cheveux, paralysie, quintes de toux… La presse s’empare de l’affaire, un vent de panique souffle sur St Joan. Mais pas question pour Colleen de se laisser déstabiliser : elle doit travailler sur la pièce Les Sorcières de Salem...

Pourquoi je ne le chronique pas : Parce que c'était très très long, presque 500 pages pour peu d'action. Les interludes qui retracent les événements du procès des sorcières de Salem sont trop scolaires, avec des éléments historiques réels empilés sans relief.

 

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L'école des saveurs, d'Erica Bauermeister, édité chez Hachette Livre de Poche

Résumé : Un jour, la petite Lilian se lance un défi : si elle parvient à guérir sa mère de son chagrin en cuisinant, elle consacrera son existence à la gastronomie. La magie d'un chocolat chaud aux épices opère et, une vingtaine d'années plus tard, Lilian anime tous les premiers lundis du mois un atelier de cuisine dans son restaurant. L'École des saveurs réunit des élèves de tous horizons qui, de l'automne au printemps, vont partager des expériences culinaires, découvrir la force insoupçonnée des épices, capables par leur douceur ou leur piquant, d'éveiller des ardeurs inconnues et de guérir des peines anciennes...

Pourquoi je ne le chronique pas : Parce que c'est un livre doudou, sensuel et chaleureux, un peu dans la lignée de Amours et autres enchantements, et que ça devrait suffire à vous donner envie !

 

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Mon cheval s'appelle orage / Mon frère est un cheval, d'Alex Cousseau , édité au Rouergue (Boomerang)

Résumé : Elvis est né en plein hiver, exactement en même temps qu'un poulain qui porte son nom. Dans le désert de Mongolie où il habite, la vie d'éleveur de moutons n'est pas facile, mais tant qu'Elvis peut chevaucher son cheval, il est heureux / Le jour de ses huit ans, Sarantoya reçoit de ses parents le cadeau qu'elle avait tant espéré : un cheval. Il ressemble à un ciel avant la pluie et parce qu'il est fougueux et sauvage, elle décide de l'appeler Orage. Le soir, alors qu'elle n'arrive pas à dormir tant elle est excitée de mieux connaître son cheval, Sarantoya pénètre en pyjama dans l'enclos d'Orage. Mais à peine est-elle sur son dos qu'Orage s'enfuit, poussant la porte de l'enclos restée ouverte.

Pourquoi je ne le chronique pas : Parce que j'aime beaucoup le concept de la collection de ces deux histoires presque indépendantes mais qui se rejoignent malgré tout. Par contre, j'ai commencé par l'histoire qui se passe dans un second temps dans l'ordre chronologique, et j'aurai préféré commencer par l'autre pour garder un peu de suspense.

14 mai 2015

Torsepied

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Ellen Potter

Alice

        Résumé de l'éditeur : Les enfants Cherchemidi sont trois : Otto, le plus vieux et le plus étrange ; Lucia, qui espère toujours que quelque chose d’intéressant se passe ; et Max, qui pense toujours tout savoir. C’est l’un des trois qui raconte l’histoire, mais vous n’avez qu’à deviner lequel.
La mère d’Otto, Lucia et Max a disparu il y a quelques années. les rumeurs les plus folles courent à ce sujet dans le village. Depuis cette disparition, Otto n’a plus prononcé un seul mot, et n’a plus quitté l’écharpe qui lui entoure le cou. Leur père a comme métier de faire le portrait de souverains tombés en disgrâce, ce qui l’oblige à faire de nombreux voyages – et ce qui explique qu’il est rarement payé. C’est à cause d’un de ces voyages et d’un rendez-vous manqué avec leur baby-sitter attitrée que les enfants vont décider de se rendre à l’improviste chez une vieille tante qu’ils n’ont jamais vue, à Ronfleur-sur-Mer.

        Attirée par la couverture à l'ambiance gothique, puis par le nom de l'auteure (j'avais été très intriguée par l'étrange roman Olivia Kidney il y a quelques années), je me suis lancée dans ce livre un peu par hasard. Le ton de l'ouvrage n'est pas sans rappeler une narration à la Lemony Snicket, avec les titres des chapitres qui annoncent les catastrophes à venir, les interpellations directes du lecteur et un second degré bienvenu ; l'ambiance est un mélange d'aventure, d'enquête façon Flavia de Luce et de bizarreries et lubies des personnages. A la limite du fantastique (une malédiction séculaire, une créature mi-humaine mi-animale, un complot contre un sultan, des passages secrets), je dois avouer que je me suis complètement laissée surprendre par le tour pris par le dénouement de ce texte original et de qualité.

08 mai 2015

Belle époque

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Elizabeth Ross

Robert Laffont (R)

        Résumé de l'éditeur : Lorsque Maude Pichon s'enfuit de sa Bretagne natale pour échapper à un mariage dont elle ne veut pas, elle monte à Paris, ville-lumière en ébullition à la veille de l'exposition universelle de 1889. Hélas, ses illusions romantiques s'y évanouissent aussi rapidement que ses maigres économies. Elle est désespérément à la recherche d'un emploi quand elle tombe sur une petite annonce inhabituelle : « On demande de jeunes filles laides pour faire un ouvrage facile. » L'Agence Durandeau propose en effet à ses clients un service unique en son genre : le repoussoir. Son slogan ? « Louez un faire-valoir, vous en deviendrez d'emblée plus attirante. » Étranglée par la misère, Maude postule...

        Après le traumatisme d'avoir étudié L'assommoir en classe de 3ème PUIS en classe de 1ère pour le bac, ce qu'il faut commencer par souligner, c'est que ce roman aura réussi à me faire lire du Zola. Et même, et c'est carrément un exploit, à me faire aimer un texte de Zola et à me dire que peut-être, je peux aimer certains de ses livres. En effet, le roman s'inspire de la nouvelle "Les repoussoirs" d'Emile Zola, qui figure à la fin du livre, et dont j'ai trouvé l'idée excellente. D'ailleurs, le traitement très condensé de la nouvelle m'a semblé convenir parfaitement, et c'est peut-être pour ça que je me suis posée la question de l'utilité de délayer cette idée sur 400 pages. Néanmoins, le roman d'Elizabeth Ross est plaisant, d'une écriture fluide et sans ennui. Un texte qui ne me marquera pas forcément mais avec lequel j'ai passé un bon moment.

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25 avril 2015

Zelda la rouge

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Martine Pouchain

Sarbacane (Exprim')

        Résumé de l'éditeur : Deux soeurs habitent une grande maison qu’elles partagent avec des colocs. Zelda, 16 ans, est en fauteuil roulant depuis qu’une voiture l’a renversée, enfant ; l’aînée, Julie, veut la venger. Ne pense qu’à ça – retrouver le chauffard. Zelda, pleine d’énergie et de passion, se destine à la politique. Julie, elle, a sacrifié ses études, sa joie de vivre, pour subvenir à leurs besoins. Aide-soignante dans une maison de retraite, elle a parfois des visions prémonitoires et les morts viennent lui parler… Et puis Baptiste s’immisce dans leur paysage.

        Habituellement, je suis peu attirée par le genre d'histoires publiées dans la tarantinesque collection Exprim', souvent trop trash à mon gout. C'est donc une très bonne surprise pour ce titre, dont j'ai aimé la précision stylistique, mais aussi les personnages attachants, dont la colocation colorée illumine une histoire qui aurait pu être sombre. Les parties racontées par Julie sont pleines de rage, celles de Zelda pleines d'optimisme et de tendresse, mais, loin de s'opposer, les deux soeurs se font écho et se complètent. J'ai particulièrement apprécié la façon dont le don de Julie est amené, sans fioritures, sans en rajouter. Un titre à retenir !

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18 avril 2015

Je suis un dragon

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Martin Page / Pit Agarmen

Robert Laffont

        Résumé de l'éditeur : Margot est une jeune orpheline timide et solitaire. Un jour, elle découvre sa véritable nature : elle est douée de capacités extraordinaires. Ces pouvoirs la terrifient, elle les dissimule jusqu'à ce qu'un événement tragique la contraigne à se dévoiler. On lui demande alors de mettre ses dons au service de l'humanité. Sa vie se partage désormais entre son quotidien de jeune fille espiègle et des missions d'une grande violence. Adulée et crainte, elle devient une icône. Mais peut-on sauver le monde si l'on s'y sent étranger ?

        Il y a des auteurs qu'on est récompensé de suivre depuis des années. Comme d'habitude, Martin Page écrit là où on ne l'attend pas, et nous livre un de ses textes les plus aboutis. Après un roman de zombies qui dressait un portrait très réaliste de la solitude plutôt que de nous bombarder d'action et de gore, voici un roman de super-héros qui nous offre une belle leçon d'humanité
C'est une vraie lecture intelligente, avec des situations très réalistes malgré le sujet improbable de la super-héroïne (la réaction des gouvernements et la mise en place du secret défense, l'utilisation de la jeune fille pour accroître le pouvoir de quelques-uns, la place à trouver dans la société, encore et toujours la solitude). Face à la toute-puissance de Margot, le lecteur relativise et se souvient que les humains sont aussi insignifiants que des insectes, tout en s'attachant énormément à l'adolescente ainsi qu'à ses protecteurs, au point de ne pas vouloir arriver à la fin !

L'histoire est très accessible aux adolescents et devrait même leur parler à différents niveaux, attention malgré tout à quelques scènes très violentes !

11 avril 2015

Ces titres que je ne chroniquerai pas...31

Un petit point sur les livres auxquels je ne réserverai pas de chronique individuelle, par manque de temps, parce que je ne les ai pas fini, parce que je ne les ai pas compris... C'est parti !

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Mon chat en vrac, de Archie Kimpton, édité chez Albin Michel (Witty)

RésuméLors d'une de ses balades sur le mont Tourneboule pour échapper à sa triste famille, Billy Chausson tombe nez à nez avec un chat plutôt original : la tête à la place d'une patte, la queue à la place de la tête, et les pattes avant et arrière mélangées, il semble tout droit sorti d'un tableau de Picasso. Et en plus, il parle ! Billy décide de le ramener chez lui...

Pourquoi je ne le chronique pas : Parce que c'était sympathique mais pas le Witty le plus drôle de la collection.

 

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Debout payé, de Gauz, édité chez le Nouvel Attila

Résumé : Debout-Payé est l'histoire d'Ossiri, étudiant sans-papiers devenu vigile à Sephora et à Camaïeu. C'est l'histoire d'un immigré, de l'enfer qu'il vit pour se loger et pour travailler, et du regard qu'il pose sur notre pays. C'est aussi un chant en l'honneur d'une famille dont les hommes, à chaque génération, partent devenir vigiles à Paris, et plus globalement de la communauté africaine, avec ses travers et sa générosité.

Pourquoi je ne le chronique pas : Parce que je suis friande de témoignages mais je ne m'attendais pas à la partie roman, trop bavarde à mon goût.

 

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Rebelle belle, de Rachel Hawkins, édité chez Albin Michel (Wiz)

Résumé : Harper Price est belle, intelligente, populaire et elle sort avec le merveilleux Ryan. En bonne première de la classe, elle déteste David Stark, son rival de toujours ! Alors qu’elle s’apprête à être couronnée Reine du bal, tout bascule. Harper voit mourir le concierge du lycée, qui, dans un dernier souffle, lui transmet un pouvoir étrange, faisant d’elle un Paladin. La voici transformée en ninja hyper entraînée. Sa mission ? Protéger une personne très, très précieuse : un Oracle.

Pourquoi je ne le chronique pas : Parce que c'est un bon gros délire qui ne se prend pas au sérieux, quelque part entre Hex Hall et Mothership. De là à prendre le temps d'en faire une chronique...

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01 avril 2015

Celui qui sera mon homard

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Tom Ellen, Lucy Ivison

Gallimard

        Sam et Hannah n'ont plus que l'été pour trouver leur homard, leur(e) partenaire idéal(e), avant d'entrer à la fac. Mais le destin joue contre eux. Quiproquos, maladresses et complexes alimentent leur crainte de rester vierges toute leur vie! Pourtant, ils pourraient bien être faits l'un pour l'autre...

- Parler à des filles comme Sophia Demico, a poursuivi Robin, c'est un peu comme parler à un chat. Tu leur dis des trucs, et elles clignent des yeux et bougent la tête pour montrer qu'elles t'ont entendu, mais tu vois dans leurs yeux qu'elles n'ont pas vraiment compris. Et puis, au bout d'un moment, elles s'éloignent furtivement pour aller griffer un fauteuil ou chier dans le jardin, ou un truc comme ça.

        Repéré sur le blog de Clarabel, le titre m'a fait sourire et me semblait prometteur. Pour être tout à fait honnête, j'ai tiqué sur le vocabulaire employé dans les premières pages, que j'ai trouvé franchement vulgaire (je dois être trop vieille pour employer le mot "chatte" trois fois dans une phrase). Cependant, j'avais souri plusieurs fois alors que je n'avais pas encore lu 3 chapitres : j'ai donc mis ma pudibonderie de côté, et j'ai bien fait. Les personnages sont frais, les dialogues vifs et enlevés, les situations cocasses. J'ai souri, j'ai carrément ri, bref, j'ai passé un excellent moment qui m'a rappelé ma lecture du très bon L'amour, mode d'emploi, de William Nicholson. Parfait pour les week-ends ensoleillés qui arrivent !

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23 mars 2015

Des suites et des fins : Pome, t.2 / Mauve, t.3

Suites de Verte

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Pome, tome 2, de Marie Desplechin, édité à l'Ecole des Loisirs

Résumé : Nous avions laissé Verte, l'apprentie sorcière rebelle, rayonnante. Entourée de femmes, comme depuis toujours : sa mère Ursule et sa grand-mère Anastabotte. Mais aussi, c'était nouveau pour elle, d'hommes : Soufi, le garçon de sa classe grâce à qui elle avait retrouvé son père, et celui-ci, Gérard, l'entraîneur de foot. Les choses pourraient être simples désormais. Bien sûr, elle ne le seront pas. Car Soufi déménage et Gérard a un père, lui aussi : Raymond, un ancien commissaire de police. Verte est très entourée soudain, et pourtant elle se sent seule. Heureusement, une fille vient d'emménager avec sa mère dans le bâtiment B. C'est Pome. Verte se dit que c'est un nom parfait pour une alter ego, une future meilleure amie, une pareille en tout. En tout ? Même en sorcellerie ?

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Mauve, tome 3, de Marie Desplechin, édité à l'Ecole des Loisirs

Résumé : Mais... Mais qu'est-ce qui se passe, en ce moment ? Pome est d'une humeur terrible, Verte va s'enfermer dans sa chambre. On les connaît pourtant, cela ne leur ressemble pas du tout. Une crise d'adolescence ? Ce serait trop facile. La fatigue ? Certainement pas. Lorsque Pome revient des cours avec un bleu au visage, le doute n'est plus permis : quelque chose ne va pas. Depuis l'arrivée d'une nouvelle au collège, tout semble détraqué. Une nouvelle... quelle nouvelle ?

 

        Grosse cruche que je suis, j'étais toute contente d'emprunter Mauve (le tome 3), avant de me rendre compte en lisant les premières pages, qu'en fait je n'avais pas encore lu Pome (le tome 2, donc). Je sais, vous en frémissez : rassurez-vous, tout est bien qui finit bien, j'ai enchaîné les deux livres avec délectation.

Les romans reprennent le système de narration alternée de Verte, avec parfois des flashbacks ou des ellipses selon les chapitres (donc pas forcément pour des lecteurs très débutants ou hésitants). J'ai aimé retrouver l'humour et les personnages au caractère bien trempé de la série. J'ai particulièrement aimé le tome 2, qui parle avec justesse du sentiment d'amitié. Le tome 3 est un peu plus dans l'action, puisque nos héros auront à lutter contre les forces du mal, mais on peut également y voir un message plus social, avec la mise au ban et le quasi-lynchage de Clorinda qui ressemble, hélas, à certains discours politiques extrémistes...

Une excellente série, drôle et très vivante.

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18 janvier 2015

Et plus encore

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Patrick Ness

Gallimard

        Un garçon se noie dans l'océan, désespéré et seul. Il meurt. Puis il se réveille, endolori, mais vivant. Comment est-ce possible ? Quel est cet endroit étrange, complètement désert, dans lequel il se trouve ? Se pourrait-il que ce ne soit pas la fin ? Seth cherche à comprendre ce qui lui arrive, démêlant le réel de l'iréel, pour trouver un sens à sa vie.

        Repéré alors que je me promenais dans les stands du Salon du Livre Jeunesse de Montreuil, j'ai failli m'étouffer sur place de voir un nouveau Patrick Ness, auteur de Quelques minutes après minuit, et surtout de la géniale trilogie du Chaos en marche (si vous ne les avez pas lus, ils sont tous en poche !). Avec autant d'attentes, je reprends la formule de Mylène, qui se dit déçue d'être déçue...

On a pourtant une première partie extrêmement prenante, au cours de laquelle le lecteur ne connaît pas le contexte, découvre l'environnement en même temps que Seth comme pour Todd dans La voix du couteau, échafaude des hypothèses, tente de glaner des indices. Malheureusement, la suite fait irrémédiablement penser à un film très connu (surlignez sur vous êtes curieux, attention ça vous révèle le noeud de l'intrigue : c'est pile poil le scénario de Matrix), sans amener d'éléments particulièrement novateurs. Pensant qu'il y aurait peut-être un astucieux renversement de situation, j'ai continué ma lecture ; hélas, la piste très prometteuse que prend l'auteur lorsque Seth se demande si ce n'est pas lui qui est responsable de l'univers qui l'entoure et des événements qui se succèdent est abandonné à la fin, validant le choix de Deus ex machina qui confinent au ridicule. C'est dommage, car ça aurait pu amener un second degré de lecture sur le pouvoir créateur de la pensée et de l'écriture.

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07 janvier 2015

Eleanor

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Holly Black

Bayard

        Zach, Poppy et Alice partagent une passion : les jeux de rôle avec des figurines. Ils ont inventé un monde à eux, peuplé de pirates, de cruelles sirènes, de voleurs et de trésors. Cc monde est dirigé par la Sublime Reine, incarnée par une inquiétante poupée de porcelaine qui trône derrière une vitrine chez Poppy et qui semble tout observer à travers ses paupières doses. Or, un jour, un incident pousse Zach à arrêter le jeu. La nuit suivante, la poupée se réveille et se confie à Poppy : elle a jadis été fabriquée avec les cendres d'une fillette nommée Eleanor, et elle exige d'être enterrée avec les siens, sinon les trois amis ne connaîtront jamais le repos...

        Holly Black est l'auteure de l'excellente série jeunesse des Chroniques de Spiderwick, et co-présentait également avec Justine Larbalestier le délirant recueil Zombies vs Licornes ; de quoi motiver une grosse envie de lecture pour ce titre ! Heureusement, j'avais lu les avis un peu déçus de Jess et de Clarabel avant d'entamer ce roman ; j'avais donc bien en tête qu'il ne fallait pas s'attendre à des scènes d'horreur. Et effectivement, l'histoire ressemble plus à un roman d'aventures pour les 10-13 ans, avec des personnages qui tentent d'accomplir leur quête, parsemé de quelques scènes qui feront frissonner les lecteurs les plus impressionnables. Si le livre a du coup assez peu d'intérêt pour un public plus agé, je suis d'accord avec Clarabel qui souligne que la capture sur le vif du passage de l'enfance à l'âge adulte demeure intéressante.

A noter pour les profs de Français : Eleanor rentre dans la définition du registre littéraire du fantastique, puisque toute l'histoire reste suffisamment ambiguë pour qu'on ne distingue pas la vérité de l'imagination...