Cabaret, tome 1 : Ingénue

Jillian Larkin
Bayard
Résumé de l'éditeur : Gloria, dix-sept ans, rêve de vivre la nuit, de danser, de faire la fête. Un soir, elle sort en cachette en compagnie de son ami Marcus, et se rend dans un bar clandestin, tenu par le bras droit d'Al Capone. Elle y rencontre Jérôme, le pianiste de l'orchestre et en tombe amoureuse. Mais leur histoire st impossible : Gloria est blanche, Jérôme est noir et, dans cette Amérique des années 20, les relations mixtes sont interdites... De plus, Gloria est fiancée et va bientôt épouser le fils d'une puissante famille de Chicago. Sa cousine Clara arrive de New York pour aider aux préparatifs du mariage. Et Marcus tombe sous son charme. Mais Lorraine, la meilleure amie de Gloria, ne le supporte pas, et semble prête à tout pour conduire Clara à sa perte.
A la base, je ne cours pas après les romans historiques. Malgré tout, en entamant la série Cabaret, je m'attendais à être plongée dans l'ambiance des années 20 ; et je suis franchement déçue à ce niveau là. J'ai trouvé le contexte et les descriptions assez clichés, à grand renfort de garçonnes, gangsters, et prohibition, qui sont certes représentatifs de l'époque, mais que l'auteure se contente de nommer abondamment, sans développer plus, sans prendre le temps de poser une atmosphère, d'évoquer la vie quotidienne, les changements de la société, l'émancipation des femmes, et d'autres détails qui auraient pu rendre le roman passionnant. En plus, j'émets des doutes sur certains détails qui semblent servir l'histoire plutôt que de s'inscrire dans la crédibilité des faits de la période (notamment la facilité des jeunes filles à sortir seules la nuit ou à sécher les cours) ; mais je ne suis pas spécialiste de l'époque, alors je vais fermer ma grande gueule. N'empêche que sur certains aspects, et en enlevant justement les renvois aux garçonnes, gangsters et autres bars clandestins, ça ressemble fort à n'importe quel roman avec des pétasses pestes dans un lycée américain de notre époque.
Bref. Ce qui sauve le roman, c'est l'alternance des trois héroïnes à chaque chapitre, qui permet d'aérer l'histoire, de donner une nouvelle impulsion à chaque changement de personnage, et de tenir en haleine le lecteur (même si sur les trois, seule Clara a un peu de relief, les autres étant à mes yeux au mieux pas très complexes, au pire des grosses cruches). L'intrigue se déroule avec fluidité, le roman se lit sans effort, et une cinquantaine de robes sublimes, délicieuses, fabuleuses ou ravissantes plus tard, on arrive à la conclusion du premier tome sans grosse surprise, mais sans avoir vu les pages défiler. Pas désagréable donc, mais à mon avis loin d'être un indispensable, surtout qu'il existe d'autres titres qui se déroulent sur fond d'années folles. Une série de moins à suivre !
Oseras-tu ? Tome 1 : La première fois de Sarah

Marie Gray
Résumé de l'éditeur : Pour Sarah, 16 ans, tant de choses ont changé ! Un déménagement, une nouvelle école, de nouveaux amis, un nouveau groupe de rock où elle est prise comme chanteuse. Seb, son guitariste et son nouveau petit copain, la trouble. Il voudrait plus que des baisers... Sarah se sent bientôt prête à le faire. Sa première fois...
Après une avalanche de très bons titres ces dernières semaines, je change de ton pour un coup de gueule !
Commençons par l'histoire ; elle est cousue de fil blanc (dès les 20 premières pages, je savais qui était le "méchant" et avec qui allait finir Sarah..), mais c'est surtout cette idée idiote de prétendre que les gens qui agissent mal finissent toujours par récolter ce qu'ils ont semé et être punis qui m'a posé problème. Réveillez-vous un peu, la vie peut aussi être injuste. Et accessoirement, entre ceux qui couchent avec quatre personnes en même temps et qui commettent des viols, et ceux qui ont le cœur pur et tiennent à leur virginité, il y a quelques nuances de gris... On croirait que les adultes qui parlent de sexualité à la jeune génération ne peuvent s'empêcher de mettre en scène les drames les plus glauques possibles et des personnages caricaturaux pour leur brandir des mises en garde disproportionnées...
Mais ça n'est pas là dessus que porte mon coup de gueule, parce qu'après tout, des romans nuls, j'en ai lu d'autres. Non, ce que je trouve honteux, c'est qu'alors que Sarah et sa mère parlent contraception, la jeune fille affirme, à la page 150, sans que cela soit corrigé par une note de bas de page de l'éditeur, qu'il faut attendre plusieurs mois avant que la pilule fasse effet... Je trouve ça scandaleux de laisser passer une connerie comme ça, surtout dans une série qui se veut justement l'occasion d'aborder la sexualité des jeunes gens ! Pour toutes les questions sur la contraception, n'hésitez pas à consulter par exemple l'excellent site du gynécologue Martin Winckler, ou d'autres sources plus fiables que ce roman à éviter.
Le théorème des Katherine

John Green
Nathan
Pour Colin, jeune homme surdoué, la femme idéale s'appelle Katherine. Il est sorti avec 19 Katherine… et s'est fait larguer chaque fois. Lorsque sa 19ème Katherine le quitte, il part noyer son chagrin dans un voyage avec son ami Hassan, et tente d'élaborer une formule mathématique pour prédire la date de rupture avec sa prochaine petite amie.
Si le début est une grosse partie de rigolade façon road-movie pour losers, avec un surdoué frustré et un "musulman non terroriste" (ainsi qu'il se présente), le roman prendra vraiment toute sa saveur dans les 80 dernières pages, et deviendra plus profond comme souvent chez l'auteur, avec des réflexions sur le sens de l'existence, sur le passé qui nous construit et le futur impossible à prévoir (même si, peut-être, avec un bon théorème...).
Une nouvelle fois, la grande force de John Green, ce sont ses personnages, vivants, avec une psychologie fine et souvent surprenante ; de vraies personnalités complexes et attachantes, que l'on est triste de quitter lorsque le mot fin se profile.
L'étrange cas Origami Yoda

Tom Angleberger
Seuil
Résumé de l'éditeur : La grande question est : Origami Yoda existe-t-il vraiment ? Bon, évidemment qu'il existe. Enfin, c'est une vraie marionnette fabriquée avec du vrai papier. Mais ce que je veux dire c'est : est-ce qu'il sait vraiment des choses ? Est-ce qu'il peut connaître l'avenir ? Est-ce qu'il se sert de la Force ? Ou est-ce que c'est un gros canular et qu'on s'est tous fait avoir ?
Quand une marionnette de Yoda en papier bouleverse la vie de son collège, Tommy voudrait comprendre. Alors, il interroge ses camarades et nous offre le portrait truculent d'une classe tout à fait... extraordinaire.
Un très bon moment de lecture. La construction avec les témoignages de plusieurs élèves de 6ème est originale ; les anecdotes sont rigolotes, et même si les petits dessins n'apportent pas grand chose, l'ensemble se marie bien quand même. On pense évidemment à l'esprit du Journal d'un dégonflé, et effectivement le roman pourra plaire à de faibles lecteurs (et aussi à ceux qui dévorent !) entre 9 et 13 ans, avec en plus un questionnement sur l'acceptation de la différence avec le personnage de Dennis, en marge des autres collégiens, qui m'a un peu rappelé Barry dans Le pitre de la classe, de Louis Sachar.
Les introductions de Tommy et les commentaires sarcastiques et cartésiens d'Harvey aèrent le récit et donnent surtout envie de savoir comment tout ça va finir ; pour le coup, la fin est très drôle et très réussie, voire brillante !
En Origami Yoda je crois, sans l'ombre d'un doute !
Ellie Gribouille, tome 1 : Vive le camping !

Ruth McNally Barshaw
Flammarion
Résumé de l'éditeur : Ellie passe son temps à gribouiller dans son carnet secret, d'où son surnom. Un jour, elle part en camping avec son oncle, sa tante et ses cousins, qu'elle déteste : comment survivre avec une famille si ennuyeuse ? Heureusement, elle a emporté son précieux carnet, qui l'aide à passer le temps : elle y consigne tous les faits et gestes de ses compagnons de voyage. Mais le danger guette : son cousin Eric veut absolument mettre le nez dans son calepin - où elle a écrit tout le mal qu'elle pense de lui et de sa famille... Pourtant, au fil des péripéties, la petite fille va découvrir que s'ennuyer en vacances n'est pas si facile - et que ses cousins ne sont pas si pénibles que ça...
Un petit roman dynamique, très abordable même pour les faibles lecteurs grâce à la forme du journal dessiné, parsemé des illustrations d'Ellie pour chaque situation. Les aventures de la jeune Ellie en vacances ne seront pas forcément extrêmement originales, mais ce n'est pas le but ; avec une héroïne qui, pour une fois, ressemble à tout le monde, et sa famille un peu banale mais rigolote, nous avons un roman plus ancré dans le réel que d'autres séries pour la même tranche d'âge, et qui permettra au lecteur de s'identifier et de s'attacher aux personnages.
La bonne trouvaille également, ce sont toutes les idées de jeux (en plein air, en famille, avec un groupe d'enfants, pendant le trajet en voiture...) données par Ellie tout au long de la semaine de vacances qu'elle passe avec ses cousins au camping ; à chaque fois, le principe et les règles du jeu sont bien détaillés, c'est donc un livre parfaitement adapté à l'été. A la fin de l'histoire, un bonus de quelques pages propose un petit guide pour que l'enfant réalise lui-même son journal illustré, avec des conseils pour débuter dans le dessin et mettre en scène les anecdotes de façon amusante. A vous de jouer !
Alcatraz et les ossements du scribe, tome 2

Brandon Sanderson
Mango
Résumé de l'éditeur : Je m’appelle Alcatraz Smedry, et je viens de vivre des aventures rocambolesques avec mon grand-père. C’est que, voyez-vous, les Smedry ont le don de se mettre dans des situations impossibles. D’un autre côté, ils sont la cible préférée des infâmes bibliothécaires, et les seuls à s’opposer à eux… Cette fois-ci, c’est ma cousine Australie qui est venue me chercher : mon père ne serait pas mort, et il aurait disparu dans la mystérieuse bibliothèque d’Alexandrie. Il paraît qu’elle est infestée de spectres morts-vivants… Ah, j’oubliais : les infâmes bibliothécaires ont aussi envoyé à nos trousses un mercenaire des Ossements du Scribe !
Deuxième tome dans la droite lignée du premier, Alcatraz contre les infâmes bibliothécaires ! Une histoire complètement déjantée, dans la logique de l'absurde, qui va vous faire travailler les zygomatiques ! Comme dans le précédent, vous rencontrerez dans ce roman de nouveaux pouvoirs qui semblent inutiles (vous découvrirez par exemple comment utiliser la fabuleuse capacité à "avoir une sale tête le matin"), des courses poursuites et des pièges à n'en plus finir, et un narrateur qui continue à jouer avec les nerfs de son lecteur (en annonçant par exemple la mort d'un personnage dès le premier chapitre... Est-ce du bluff ?). Bref, on s'amuse, c'est toujours aussi inventif et décalé ; je suis fan de cette série, et je me garde le troisième et dernier tome bien au chaud pour le savourer pleinement.
Thomas le rimeur

Ellen Kushner
Gallimard Folio SF
Résumé de l'éditeur : Pour s'être risqué au baiser offert, Thomas le fameux Rimeur se retrouva prisonnier de la Reine des Elfes. Grand vivant s'il en fut, et joyeux compagnon, Thomas vécut près d'elle sept années, dans les voluptueux plaisirs du royaume de Faërie, avant de retourner dans son monde premier, celui du labeur, de la peine, et de la fuite du temps. Hanté, tourmenté par les souvenirs des splendeurs perdues, il lui fallut, malgré tout, retrouver la femme qu'il aimait, reconstruire sa harpe. Et vivre avec les cadeaux ambigus de la Reine des Elfes, le don de prophétie et la malédiction de la parole vraie.
Quatre parties se succèdent : la première est racontée par Gavin, vieux paysan qui accueille Thomas par une nuit de tempête, suivie du récit de Thomas en Faërie ; Meg, la femme de Gavin, reprend ensuite la parole, pour finir sur l'histoire d'Elspeth.
Ellen Kushner s'est inspiré d'un ancien conte écossais pour écrire ce magnifique roman de fantasy. Tous les éléments du livre sont une réussite ; l'histoire se déroule lentement sous nos yeux, telle une longue ballade jamais ennuyeuse, car l'auteure a su amener des nouveaux éléments dans chaque partie (l'histoire d'amour qui se tisse entre Thomas et Elspeth, l'énigme de la colombe qui pleure du sang, le don-malédiction dont la reine des fées fait cadeau à Thomas, etc.).
J'ai d'ailleurs apprécié le fait que les récits s'enchainent de façon chronologique, car je m'attendais à ce que chaque personnage raconte la même histoire d'un point de vue différent ; mais du coup le récit progresse toujours, on ne tourne pas en rond et on ne voit pas passer les chapitres.
Les ambiances sont extrêmement bien rendues, aussi bien celle du quotidien des paysans, des longues soirées d'hiver, de la vie dans les petits villages perdus ; que celle totalement inventée, tout aussi crédible, du pays des fées, de ses coutumes, de ses conflits, de ses créatures, de ses mystères.
Mais la vraie force de ce roman, c'est le style de l'auteure. Vous qui en avez assez des écritures interchangeables, des styles neutres voire insipides, vous pourrez enfin trouver quatre voix différentes, chacune avec un ton coloré, où les mots et la façon de raconter l'histoire révèlent tout autant (voire mieux) la personnalité du narrateur que ses simples agissements ou descriptions. Chaque voix se différencie vraiment des autres, le style est plein de saveur, ; tantôt bourru et un peu fruste pour le récit de Gavin, tantôt aérien et poétique dans la partie narrée par Thomas, c'est un vrai bonheur de lecture de voir les personnages prendre vie au fil des phrases.
Parle moi !

Sarah Mlynowski
Albin Michel (Wiz)
Résumé de l'éditeur : Devorah Banks a dix-sept ans et tout va mal : le beau Brian vient de la quitter… Pour couronner le tout, elle fait tomber son portable dans une fontaine ! Ce qui, bizarrement, n’empêche pas le téléphone de sonner… et c’est le choc lorsque Devorah entend une voix bien familière au bout du fil : la sienne ! Une version d’elle-même plus jeune de quatre ans, qui n’a pas encore connu ses déboires et aurait bien besoin de ses conseils. Devorah se retrouve soudain devant une chance inespérée : tout recommencer… autrement !
Ok, un Sarah Mlynowski (auteure de la désopilante série Rachel) paru dans une des mes collections fétiches (Wiz d'Albin Michel), ça ne se refuse pas, et surtout ça génère une grosse attente (et donc un risque de déception proportionnellement élevé). Mais au final, c'est un pari gagné sans effort, avec en plus une couverture réussie pour parfaire l'ensemble. Nous avons ici un petit roman qui n'a l'air de rien, mais qui condense beaucoup de bonnes choses. Vous aurez du léger, de l'humour, des histoires sentimentales ; et vous pourrez aussi vous poser plein de questions, sur le sens de la vie, sur les buts que nous poursuivons et les moyens que nous sommes prêts à mettre en oeuvre pour y parvenir, sur les erreurs que nous commettons et la façon dont elles nous construisent et forgent nos personnalités, sur l'effet papillon et le fait que nos choix ont toujours des conséquences sur notre avenir, sur ce que vous changeriez (ou pas !) dans votre passé si vous en aviez la possibilité... Avec un style et des thèmes entre Le dernier jour de ma vie et Je ne sais plus pourquoi je t'aime, ce très bon roman fait partie de ces livres que je me suis obligée à poser de temps en temps, parce que je n'avais pas envie de le finir trop vite ; on en redemande !
Ces titres que je ne chroniquerai pas... 7
Un amour de geek, de Luc Blanvillain, édité chez PlonRésumé : Thomas est un geek. Un quoi ? Un geek. C'est-à-dire un nolife qui fragge comme il respire, slappe les cheaters et bizute les noobs. Si vous n'y comprenez rien, c'est que vous êtes un pauvre parent, perdu dans la réalité. Mais si, comme Thomas, vous passez vos nuits devant l'écran à assiéger les donjons d'Azeroth, à diriger des guildes, vous savez ce que vivre veut dire. Dans son monde Haute Définition, Thomas échappe aux êtres désagréables qui grouillent "in real life" : les nazes du lycée, l'odieux Latreille, Mme Friol, la prof de français fan de gros bouquins bourrés de descriptions. Il supporte même ses parents, leurs gratins bios et sa petite soeur Pauline. Alors ? Où est le problème ? Le problème, c'est Esther dont Thomas est bêtement tombé amoureux. Esther qui voltige sur le dos des chevaux, aime la lumière dans les arbres et rêve de vrais voyages. Esther qui déteste les ordinateurs et ne sortira avec lui que s'il cesse d'être un nolife et jure de ne plus s'approcher d'un écran. Thomas relèvera-t-il l'impossible défi ?
Pourquoi je ne le chronique pas : Parce que c'est un roman vite lu, vite oublié ; mais ça reste une lecture sympathique pour la détente, plutôt amusante, avec notamment une jolie relation tendre entre Thomas et sa petite soeur Pauline.
Quatre soldats, d’Hubert Mingarelli, édité chez PointsRésumé : Voici une longue nouvelle où les circonstances comptent moins que le désarroi moral de ces quatre soldats en perdition, issus de l'Armée rouge, qui sortent d'une forêt où ils viennent de passer un hiver terrible, pendant l'année 1919.
Pourquoi je ne le chronique pas : Parce que je n’ai pas envie de décortiquer ce roman tout en subtilité ; égoïstement, j'ai envie de le garder intact. Et parce que Reading in the rain en parle très bien : “Dans une littérature qui gueule tout ce qu’elle sait, Mingarelli chuchote. Il oblige le lecteur à s’arrêter deux minutes, à enlever ses bouchons d’oreille et à ressentir à fond son roman.”
Dark Elite, tome 1 : Magie de feu, de Chloé Neill, édité chez CastelmoreRésumé : Lily Parker est la petite nouvelle au lycée privé Sainte-Sophia. Ses parents sont partis pour un an à l'autre bout du monde en la laissant dans ce pensionnat d'adolescentes riches et snobs. Heureusement, la compagne de chambrée de Lily détonne dans le paysage : Scout est excentrique et connaît les lieux comme sa poche. Mais elle lui dissimule des choses Ses mystérieuses activités nocturnes intriguent Lily, qui va tout faire pour découvrir ce qui se trame dans les sous-sols de Sainte-Sophia.
Pourquoi je ne le chronique pas : Parce que je ne l'ai pas terminé. Au bout de 100 pages, j'avais tous les éléments à la mode (pensionnat, secret, créatures et pouvoirs surnaturels, romance et éventuel triangle amoureux), le tout sans style particulier ni idée originale (j'ai lu la fin en diagonale pour être sûre que je ne ratais pas un renversement de situation) ; évitons l'overdose.
Les oiseaux noirs

Faustina Fiore
Casterman
Résumé de l'éditeur : Comme tous les habitants du village de Seelenheim, Arno, 12 ans, se terre dans la maison familiale à chaque attaque des oiseaux noirs. Voilà plusieurs générations déjà que ces grands oiseaux effrayants terrorisent périodiquement le village et ceux qui y vivent, devenus fatalistes. Personne ne s’explique l’origine réelle de la malédiction qui frappe Seelenheim, ni la véritable nature de ces terrifiants volatiles, que la rumeur désigne comme des mangeurs d’âmes. Tout va changer, pourtant, après une attaque au cours de laquelle Arno voit mourir Bern, son cousin et meilleur ami. Accablé par la culpabilité, le garçon prend la route, seul. Son but : trouver le Vieux de la montagne, dans l’espoir fou d’obtenir un moyen de lever la malédiction...
Un court roman qui n'est pas sans rappeler l'histoire de Krabat, pour la tranche d'âge en dessous ; une bonne introduction au fantastique pour les plus jeunes, à partir de 8-9 ans. L'histoire est à mi-chemin entre le conte (pour toute la partie concernant la quête) et le roman fantastique. Le style est simple, facile à lire, avec des phrases courtes et descriptives, et devrait facilement séduire de jeunes lecteurs en quêtes d'aventures et de frissons.
Reste avec moi

Jessica Warman
Fleuve noir (Territoires)
Résumé de l'éditeur : Elizabeth avait tout pour être heureuse : elle est belle, riche, a beaucoup d’amis et un petit copain beau et intelligent. Le matin de ses 18 ans, elle se réveille sur le bateau où elle a fait la fête avec ses amis. Et elle voit avec horreur un corps flotter à la surface de l’eau : le sien… Pourquoi est-elle encore là, spectatrice de sa propre mort ? Et pourquoi Alex, un garçon de son lycée mort un an plus tôt, est-il avec elle ? Elizabeth et Alex vont mener l’enquête, observer les vivants et retourner dans leurs souvenirs afin de lever le voile sur de lourds et sordides secrets.
Un roman très très bien construit, avec l'idée originale d'une narratrice devenue fantôme qui enquête sur son propre meurtre. De très bonnes trouvailles parsèment le livre et permettent de garder le suspense (par exemple, l'amnésie partielle d'Elizabeth après sa mort, les plongées volontaires ou involontaires dans des souvenirs et flashbacks qui constituent un puzzle que la narratrice et le lecteur doivent reconstituer pour trouver le fin mot de l'histoire) ; et tout ça en un seul tome, que demande le peuple !
En fait, ça aurait carrément pu être un coup de coeur si certains points ne m'avaient pas autant rappelé un roman que j'avais littéralement adoré lorsque j'étais ado (Souvenez vous de moi, de Christopher Pike, qu'est-ce que j'ai pu le relire !) ; mais ça ne gênera pas les lecteurs qui ne connaissent pas cet autre titre, c'est donc un roman à conseiller, encore une belle découverte dans la collection Territoires !
Vingt quatre heures de la vie d'une femme

Stefan Zweig
Hachette (Livre de poche)
Au début du siècle, une petite pension sur la Riviera. Grand émoi chez les clients de l'établissement : l'épouse d'un des pensionnaires, Mme Henriette, est partie avec un jeune homme qui pourtant n'avait passé là qu'une journée. Seul le narrateur prend la défense de cette créature sans moralité. Et il ne trouvera comme alliée qu'une vieille dame anglaise sèche et distinguée. C'est elle qui, au cours d'une longue conversation, lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez elle.
Ce roman présente de fortes ressemblances avec Le joueur d'échecs, du même auteur. Au niveau de la construction du récit, on retrouve un narrateur rencontrant un personnage qui raconte son expérience singulière, avec une mise en abîme (une histoire imbriquée dans l'histoire), et le contexte de départ qui ne sert finalement que d'amorce au vrai récit. Si le sujet n'est pas du tout le même que dans Le joueur d'Echecs, c'est pourtant bien le thème du monomaniaque qui se dessine à nouveau, avec des personnages toujours à la limite de basculer dans la folie. Le style paraitra un peu désuet aux lecteurs qui ne connaissent pas l'univers de Zweig, mais sûrement pas démodé, et le roman n'a rien perdu de son actualité. Une lecture courte et efficace ; un classique à (re)découvrir.
