Les carnets de Radicale

28 septembre 2014

Tant que nous sommes vivants

Tant que nous sommes vivants

 

Anne-Laure Bondoux

Gallimard

        Résumé de l'éditeur : Nous avions connu des siècles de grandeur, de fortune et de pouvoir. Des temps héroïques où nos usines produisaient à plein régime, et où nos richesses débordaient de nos maisons. Mais un jour, les vents tournèrent, emportant avec eux nos anciennes gloires. Une époque nouvelle commença. Sans rêve, sans désir. Nous ne vivions plus qu'à moitié, lorsque Bo entra, un matin d'hiver, dans la salle des machines.

        Un texte quasiment plus proche du conte que du roman par sa structure, notamment dans la seconde partie lorsque Bo et Hama trouveront refuge dans l'antre de Douze, Quatre et leurs frères et soeurs. C'est un vrai roman initiatique, dans le sens où les personnages devront apprendre et encore apprendre pour arriver à leur but ; apprendre à se dépasser, connaître ses origines, apprendre le doute, l'espoir, la vie. Le récit en surprendra sûrement plus d'un par son ambiance étrange, presque chamanique. J'ai beaucoup aimé l'effet de style qui répéte certains paragraphes plusieurs fois dans le livre, soit mots pour mots, soit avec quelques modifications liées au changement de narration ; cette écriture très poétique donne un effet d'écho, qui mélange passé, présent et avenir. Attention, à proposer aux lecteurs les plus littéraires !

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24 septembre 2014

Le pensionnat de Melle Géraldine, t.1 : Étiquette et espionnage

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Gail Carriger

Orbit

        Résumé de l'éditeur : Angleterre, début du XIXe siècle. Sophronia, 14 ans, est un défi permanent pour sa pauvre mère : elle préfère démonter les horloges et grimper aux arbres qu’apprendre les bonnes manières ! Mme Temminnick désespère que sa fille devienne jamais une parfaite lady, aussi inscrit-elle Sophronia au Pensionnat de Mlle Géraldine pour le perfectionnement des jeunes dames de qualité. Mais Sophronia comprend très vite que cette école n’est peut-être pas exactement ce que sa mère avait en tête. Certes, les jeunes filles y apprennent l’art de la danse, celui de se vêtir et l’étiquette ; mais elles apprennent aussi à donner la mort, l’art de la diversion, et l’espionnage – le tout de la manière la plus civilisée possible, bien sûr.

        On retrouve l'univers du Protectorat de l'ombrelle, quelques années avant les aventures d'Alexia Tarabotti ; d'ailleurs, vous pourrez croiser quelques personnages de la série précédente, mais dans leur jeunesse cette fois-ci, c'est étonnant et très amusant ! Quelques maladresses de traduction rendent le style un peu moins savoureux que d'habitude, mais c'est un excellent roman de steampunk pour adolescents, plein d'action et d'intelligence. Il peut être lu indépendamment des autres romans de Gail Carriger.

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21 septembre 2014

Contrecoups

contrecoups

 

Nathan Filer

Michel Lafon

        Résumé de l'éditeur : « Je vais vous raconter ce qui s’était passé, parce que ce sera l’occasion de vous présenter mon frère. Il s’appelle Simon. Je pense que vous allez l’aimer. Vraiment. Mais d’ici quelques pages il sera mort. Et, après ça, il n’a plus jamais été le même. »

Matthew a 19 ans, et c’est un jeune homme hanté. Par la mort de son grand frère, dix ans auparavant. Par la culpabilité. Par la voix de Simon qu’il entend partout, tout le temps… Matthew a 19 ans et il souffre de schizophrénie, une maladie qui « ressemble à un serpent ». Pour comprendre son passé et s’en libérer, Matthew dessine, écrit.

        Un premier roman autour des thèmes de la schizophrénie mais aussi du deuil ; l'auteur a été infirmier psychiatrique pendant 10 ans, et son vécu et son expérience transparaissent fortement ici. Contrecoups est très réussi au niveau de la révélation des événements dans le désordre ; l'aspect décousu de l'écriture demande un effort intellectuel pour remettre l'histoire dans l'ordre chronologique, mais du coup rend la lecture passionnante. A ce niveau là, le roman est extrêmement bien construit, presque trop construit d'ailleurs, car à certains moments je voyais la structure littéraire de la narration et je n'arrivais pas toujours à me laisser pleinement porter par le récit de Matthew. Certains passages sur la folie sont très réalistes, mais j'aurais aimé que l'auteur aille encore plus loin dans le mode de pensée et le ressenti du narrateur, qui reste somme toute très compréhensible. Les dernières pages ont finalement réussi à me toucher, à m'emmener dans l'émotion. Un bon livre pour une première immersion dans les méandres du cerveau, à compléter par d'autres textes si le sujet vous a interpellé.

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17 septembre 2014

Une nuit à New-York

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David Levithan et Rachel Cohn

Hachette (Livre de Poche)

        Résumé de l'éditeur : Il y a trois semaines, deux jours et vingt-trois heures qu'elle m'a dit « c'est fini ». Et la voilà déjà avec un autre. Ils s'approchent du comptoir. Il faut que j'agisse. Je me tourne vers une fille que je ne connais même pas, et je lâche : "Tu veux bien être ma copine pendant les cinq prochaines minutes ?". Nick et Norah n'ont rien en commun. Sauf un premier baiser, censé durer cinq minutes. Seulement ?

        Ce roman a atterri dans ma PAL suite à mon coup de coeur pour A comme Aujourd'hui, de David Levithan. La narration est à deux voix (par chacun des deux auteurs), avec une excellente qualité d'écriture pour les deux. Certes, c'est encore un roman où les héros se croisent et se manquent et se retrouvent, mais leurs personnalités sont attachantes et dotées d'un vrai caractère, avec de l'humour et de la répartie. Un point fort également : de beaux passages sur la musique et les sensations de Nick et Norah durant les concerts. A lire pour se faire plaisir !

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14 septembre 2014

La dose

dose

Melvin Burgess

Gallimard (Scripto)

         Résumé de l'éditeur : Alors que le chômage et la misère règnent chez les jeunes de Manchester, une drogue révolutionnaire, appelée le Raid, fait son apparition. Elle permet de vivre une vie de rêve pendant une semaine puis conduit inexorablement à la mort. Comme de nombreux jeunes, Adam, 17 ans, suit l'exemple d'une célèbre rock star, Jimmy Earle, et avale la gélule. Il ne tarde pas à regretter son geste.

        Une lecture franchement décevante ; l'écriture est passe-partout, et l'histoire m'a semblée peu originale par rapport à la promesse alléchante du résumé (l'idée de la drogue qui provoque la mort 7 jours après sa prise). La construction est convenue, les personnages parfois caricaturaux (notamment celui du méchant, Christian, psychopathe à la petite semaine) ; et surtout j'ai HORREUR des romans dans lesquels on suit quelques personnages, et par des effets de coïncidences invraisemblables ils vont tous se croiser et se retrouver ensemble à la fin, alors que certains n'ont aucun lien et aucune raison de se croiser dans une grande ville, en plein révolution et gagnée par des centaines de milliers de manifestants... A noter que, contrairement à ses précédents romans, l'idée de ce texte a été soufflée à l'auteur, ce qui explique sûrement un résultat en dessous des autres titres de Melvin Burgess.

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10 septembre 2014

Intemporia, t.1 : Le sceau de la reine

intemporia1

 

Claire-Lise Marguier

Rouergue (Epik)

        Résumé de l'éditeur : Les Ombres blanches l’avaient prédit. Leur annoncement était clair : une enfant viendrait au monde, tuerait le roi Arden, s’emparerait de son trône et asservirait son royaume. Cette enfant aurait dû mourir… Le destin en fit une reine, la reine Yélana. Assoiffée de pouvoir, elle va assujettir le peuple par la force et bientôt s’en prendre à la paisible communauté de la Plaine. Seul Yoran, jeune chasseur, va lui tenir tête et se lancer dans une quête dangereuse qui le changera à jamais.

        Les éditions du Rouergue lancent Epik, leur nouvelle collection ado tournée vers les littératures de l'imaginaire ; et pour leur première parution, c'est un texte signé de Claire-Lise Marguier, auteure du livre coup de poing - coup de coeur Le faire ou mourir !
        Pour ces deux raisons, j'étais très impatiente de découvrir ce roman ; ce qui explique sûrement pourquoi j'ai été déçue à ce point.
        Déjà, et j'ai beau me creuser les méninges, je n'arrive pas à comprendre comment on peut passer de l'écriture incisive et précise de Le faire ou mourir à ce que mon collègue appelle élégamment un "style blanc", et que moi j'appelle "pas-de-style-du-tout". Ça se lit facilement, c'est fluide, les phrases sont tout à fait correctes, mais... où sont le souffle et la personnalité ?
        Et malheureusement, je me suis posé la même question concernant les personnages, qui n'ont pas réussi à me captiver ; je suis restée indifférente à ce qui pouvait leur arriver. D'ailleurs, concernant les péripéties, l'intrigue d'Intemporia m'a semblée très convenue (une méchante reine aux yeux de miel, un jeune garçon courageux qui va se dresser contre elle, un autre jeune garçon aux yeux de miel (holala, mais quels peuvent bien être ses liens avec la méchante reine ?) aux étranges pouvoirs qui va aider Yoran, notre héros). C'est un premier tome donc j'ai encore un espoir pour que la suite me contredise en nous offrant une construction un peu plus complexe, mais sur plus de 500 pages, on avait déjà le temps de sortir d'un schéma classique...
        A réserver aux adolescents qui découvrent le genre fantasy, et pourront prendre connaissance des codes en toute sécurité.

Les trois premiers chapitres sont en ligne !

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07 septembre 2014

Ces titres que je ne chroniquerai pas...28

missalabama

Miss Alabama et ses petits secrets, de Fannie Flagg, édité au Cherche-Midi

Résumé : Ex-Miss Alabama, Maggie Fortenberry a pris une grande décision. Après avoir pesé le pour et le contre, elle a décidé de mettre fin à ses jours. Elle n'est ni malade, ni déprimée, elle a un travail plutôt agréable dans une petite agence immobilière locale, mais elle a, malgré tout, trouvé seize bonnes raisons d'en finir, la principale étant peut-être qu'à 60 ans, elle pense avoir connu le meilleur de la vie. Continuer, pour aller vers quoi ?

Pourquoi je ne le chronique pas : Parce qu'il faut absolument se sortir Beignets de tomates vertes de la tête avant la lecture de ce titre de Fannie Flagg, qui manque de rythme, de fantaisie, d'originalité et des anecdotes qui faisaient la saveur et le charme acidulés des Beignets de tomates vertes. Le roman est lent, plombé de réflexions qui peuvent se résumer par "c'était mieux avant" (sur 400 pages, c'est pesant), avec un dénouement enjoué façon "Hey ! Mais en fait la vie est belle !" assez artificiel.

genesis

Genesis, de Bernard Beckett, édité chez Gallimard

Résumé : Anax est prête à affronter le jury. Pendant cinq heures, face à trois examinateurs, elle va montrer qu'elle connaît bien son sujet. Mais plus elle en dit, plus elle referme son propre piège...

Pourquoi je ne le chronique pas : Parce que l'histoire est excellente, mais il reste beaucoup de questions en suspens ; le roman est trop court par rapport à tout l'historique qu'il déploie. Je me doutais qu'on arriverait à une fin surprenante, mais là elle est vraiment très abrupte et réglée en quelques pages ! Il m'aurait fallu 50-100 pages de plus, ou alors à l'inverse carrément opter pour le format condensé d'une nouvelle à chute.

 

ttcequensaurionspuetre

Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n'étions pas toi et moi, d'Albert Espinosa, édité chez Grasset

Résumé : La mère de Marcos, célèbre chorégraphe, est morte la veille et pour lui, rien ne peut plus être comme avant. Marcos attend le médicament qui lui permettra de perdre le sommeil et de ne plus rêver. A ce tournant de sa vie, un appel téléphonique va tout changer : le chef de la police lui demande de le rejoindre sur le champ : le premier extraterrestre serait arrivé sur Terre. Car Marcos a un don : celui de lire les souvenirs les plus forts des gens qu'il regarde, il doit déterminer si « l'étranger » est bien celui qu'il prétend être…

Pourquoi je ne le chronique pas : Parce que le roman aurait eu plus sa place dans une collection Science-Fiction pour trouver son public. Ceci dit, son étrangeté m'a beaucoup plu.

03 septembre 2014

Au bout du voyage

auboutduvoyage

Meg Rosoff

Albin Michel (Wiz)

        Résumé de l'éditeur : Mila, 12 ans, a un talent exceptionnel pour lire le monde qui l'entoure, pour ressentir des émotions passées, deviner les non-dits. Alors quand Matthew, le meilleur ami de son père, disparaît mystérieusement, tous deux se lancent à sa recherche. Mila se pose mille questions : a-t-il été assassiné ? S'est-il suicidé ? Peut-être a-til eu un accident ? Pour commencer, c'est dans l'État de New York, dans la grande maison où Matthew vivait avec sa femme, que Mila trouvera des réponses. La jeune fille cueille un à un les indices qu'elle y trouve. Ici, un parfum inconnu, là le regard triste d'Honey, la chienne de la maison, ici encore une pile de courriers, restée intacte. C'est évident : Matthew fuit quelque chose, mais quoi ? Mila et son père partent alors ensemble, pour un road trip père/fille, direction la frontière canadienne où ils espèrent trouver Matthew et reconstituer le puzzle...

        Avec Meg Rosoff, j'adore ou je déteste, pas de demi-mesure. J'avais été impressionnée par l'audace stylistique et l'histoire de Maintenant c'est ma vie, et sous le charme de La balade de Pell Ridley ; à l'inverse, je n'avais rien compris (mais alors rien !) à Si jamais, l'étrange histoire de Justin Case, qui cherche à échapper à la mort. Ma quatrième lecture se rangera donc dans la catégorie J'adore ! Le personnage de Mila est complètement inclassable, au seuil de l'âge adulte mais encore et toujours dans le monde de l'enfance et de l'imaginaire. Traité comme une enquête policière (avec Mila dans le rôle du chien renifleur, évidemment), le périple de Mila et de son père vous tiendra en haleine, même si en réalité il y a peu d'action. Car parfois, les réponses sont sous votre nez, tout aiguisé qu'il soit... Meg Rosoff se tient toujours à la frontière du fantastique, et s'amuse à le cacher aux endroits les plus incongrus, de façon à ce que le lecteur se demande si les capacités d'interprétation de Mila sont juste particulièrement développées, ou tiennent du don magique... Un duo de détectives inattendus et émouvants, qui vous emmèneront au bout de ce voyage plein de symboles.

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31 août 2014

Morwenna

Morwenna

 

Jo Walton

Denoël (Lunes d'encre)

        Résumé de l'éditeur : Morwenna Phelps, qui préfère qu'on l'appelle Mori, est placée par son père dans l'école privée d'Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l'a laissée handicapée et l'a privée à jamais de sa soeur jumelle, Morganna. Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent. Un jour, elle reçoit par la poste une photo qui la bouleverse, où sa silhouette a été brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est une sorcière, sa propre mère qui plus est ? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre.

         Prix Hugo, Prix Nebula et British Fantasy Award.
Soyons honnête, ce roman me tombait des mains durant les 100 premières pages, au point que j'ai failli l'abandonner. Le début du récit se compose de looooongues listes de tous les ouvrages de SF que Morwenna dévore, mais sans développer leur contenu ou uniquement de façon à créer une connivence avec quelqu'un qui les aurait déjà lus. J'ai commencé à accrocher à partir du passage où Morwenna se met à détailler la façon dont elle imagine que la magie fonctionne, avec une réflexion sur des mélanges temporels, les conséquences de la magie dans le passé et sur la vie des gens. La fin, comme l'ensemble du livre, me laisse perplexe. Je suis contente de ne pas l'avoir abandonné parce que j'ai aimé ce mélange subtil de la magie dans le quotidien, mais je n'arrive pas à me débarrasser d'un sentiment d'inachevé, d'autant plus que je me suis vraiment ennuyée une bonne partie du journal intime ; bref, je reste mitigée.

Ceci dit, Morwenna m'a donné envie de me replonger dans l'oeuvre d'Ursula K. Le Guin, j'ai déjà repris le 4ème tome de Terremer, quel régal !

D'autres avis plus tranchés (et souvent très positifs) sur Babelio et Livraddict !

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27 août 2014

Ces classiques que je ne chroniquerai pas : L'attrape-coeurs / De grandes espérances / Le comte de Monte-Cristo

Pas d'analyse de ces classiques, mais quelques impressions de lecture à la volée !

 

attrapecoeur

L'attrape-coeurs, de J. D. Salinger

   La fugue d'un garçon de la bourgeoisie new-yorkaise chassé de son collège trois jours avant Noël, qui n'ose pas rentrer chez lui et affronter ses parents.

   Un roman déroutant dans la mesure où j'attendais qu'il se passe quelque chose. Malheureusement, la traduction vieillote rend certaines expressions ringardes, mais le narrateur nous offre de belles pensées sur la fin.

 

grandesesperances

De grandes espérances, de Charles Dickens

   Elevé, à la mort de ses parents, par le redoutable dragon domestique que le Ciel lui a donné pour soeur, Pip semble promis à l'existence obscure d'un jeune villageois sans fortune. C'est compter sans la bienveillance des divinités tutélaires qui veillent sur son enfance. Car Pip a le privilège de vivre au milieu de créatures singulières dont l'existence seule accrédite la croyance au miracle : il y a tout d'abord le sourire débonnaire de son beau-frère, puis la rencontre terrifiante d'un forçat au grand coeur. Mais il y a surtout la pittoresque Miss Havisham et son éblouissante protégée, Estella.

   J'ai aimé suivre l'évolution du narrateur et j'ai adoré le personnage de Miss Havisham, visuellement percutant. La construction est intéressante également, j'ai fait des parallèles avec Zola sur certaines descriptions ou personnifications de l'environnement de Pip ; malgré tout, l'histoire ne m'a pas du tout touchée ou remuée.

 

comtemontecristo

 Le comte de Monte-Cristo, d'Alexandre Dumas

   Edmond Dantès est un jeune marin, âme candide et fils modèle ; il semble promis au bonheur et à une brillante carrière dans la marine, quand soudain tout s'écroule. Arrêté comme comploteur, il est enfermé au château d'If, la prison de Marseille, pour y croupir jusqu'à la fin de ses jours. Sa faute ? S'être attiré la jalousie de deux rivaux. Sa malchance ? Avoir affaire à un magistrat arriviste et malhonnête. Mais, au bout de 14 ans, Dantès s'évade et reparaît, après complète métamorphose en richissime aristocrate, pour châtier les trois misérables responsables de ses malheurs...

   Gros coup de coeur pour ce roman plein de rebondissements, à la construction impeccable qui accompagne parfaitement le plan sans faille d'Edmond Dantès... Des sentiments, du sang et des larmes !

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24 août 2014

La vie au bout des doigts

vieauboutdesdoigts

 

Orianne Charpentier

Gallimard (Scripto)

        Résumé de l'éditeur : Novembre 1943. Après plusieurs année de pensionnat, Guenièvre, quatorze ans, est une jeune fille rejetée et mal dans sa peau. Certains la traitent de sorcière... Seule l'amitié de Pauline, qui l'ouvre aux réalités de son époque, illumine son existence. Un jour, elle est recueillie par sa grand-mère et apprend la vie à la campagne dans un vieux manoir en ruine mais entourée aussi de l'affection de Perpétue, la fidèle cuisinière, et du bel Edmond, bientôt mobilisé. La Belle Époque bascule alors dans la Grande Guerre et la vie de chacun, hommes, femmes, enfants, s'en trouve bouleversée. Guenièvre devra se battre, elle aussi, à l'arrière, pour survivre au quotidien, percer le secret de sa famille et se découvrir elle-même...

        Le roman est un mélange de fantastique et d'historique, qui a principalement pour cadre la guerre 14-18. . Le texte est très bien documenté, sans pour autant tomber dans le travers du cours magistral : les éléments historiques sont introduits avec parcimonie et finesse, et le point de vue féminin des mères, femmes, sœurs qui attendent un soldat parti au front est intéressant. L'intrigue autour de l'élément fantastique (le don de Guenièvre) s'imbrique bien avec le contexte de guerre. Enfin, pour ne rien gâter, on évolue parmi un lot de personnages attachants, notamment Perpétue, la servante de la grand-mère de Guenièvre, qui invente tout un tas d'idées farfelues sur l'avenir ; j'ai bien ri en lisant le clin d'oeil à Henriette Pottier !

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20 août 2014

Humains

humains

 

Matt Haig

Hélium

        Résumé de l'éditeur : Un extraterrestre débarque sur Terre pour prendre la place et l’apparence du professeur Andrew Martin, éminent mathématicien de l’Université de Cambridge vient de résoudre une équation majeure pour l’avenir de l’humanité. Ses premières impressions sont loin d’être positives : il est dégoûté par la façon dont les humains le regardent, par ce qu’ils mangent, par la facilité avec laquelle ils assassinent et font la guerre.  L’extraterrestre est tout aussi déconcerté par les concepts d’amour et de famille, qui lui sont totalement étrangers. Pourtant, plus le temps passe, plus il commence à apprécier certaines facettes de cette étrange espèce...

        Le début est bien pensé et le point de vue extra-terrestre sur les humains nous oblige à prendre du recul sur notre façon de vivre. J'ai rechigné à me laisser tout à fait emporter dans la première partie, parce que j'ai trouvé que l'alien acceptait et s'adaptait presque trop rapidement à beaucoup de choses qui lui répugnent complètement à son arrivée (la nourriture, mais aussi certaines façons de penser). Malgré tout, plus on avance, et plus on se focalise sur la question de ce qui fait un être humain, et les réponses (car non, il n'y en a pas qu'une) sont tour à tour belles, drôles et touchantes. J'ai particulièrement aimé la liste de conseils que l'Andrew-Alien donne à son fils adolescent Gulliver, et au final, on n'est vraiment pas loin du coup de coeur !

Le roman est publié dans une collection pour adolescents mais pourra également plaire aux adultes.

 

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