Les carnets de Radicale

18 janvier 2015

Et plus encore

etplusencore

 

Patrick Ness

Gallimard

        Un garçon se noie dans l'océan, désespéré et seul. Il meurt. Puis il se réveille, endolori, mais vivant. Comment est-ce possible ? Quel est cet endroit étrange, complètement désert, dans lequel il se trouve ? Se pourrait-il que ce ne soit pas la fin ? Seth cherche à comprendre ce qui lui arrive, démêlant le réel de l'iréel, pour trouver un sens à sa vie.

        Repéré alors que je me promenais dans les stands du Salon du Livre Jeunesse de Montreuil, j'ai failli m'étouffer sur place de voir un nouveau Patrick Ness, auteur de Quelques minutes après minuit, et surtout de la géniale trilogie du Chaos en marche (si vous ne les avez pas lus, ils sont tous en poche !). Avec autant d'attentes, je reprends la formule de Mylène, qui se dit déçue d'être déçue...

On a pourtant une première partie extrêmement prenante, au cours de laquelle le lecteur ne connaît pas le contexte, découvre l'environnement en même temps que Seth comme pour Todd dans La voix du couteau, échafaude des hypothèses, tente de glaner des indices. Malheureusement, la suite fait irrémédiablement penser à un film très connu (surlignez sur vous êtes curieux, attention ça vous révèle le noeud de l'intrigue : c'est pile poil le scénario de Matrix), sans amener d'éléments particulièrement novateurs. Pensant qu'il y aurait peut-être un astucieux renversement de situation, j'ai continué ma lecture ; hélas, la piste très prometteuse que prend l'auteur lorsque Seth se demande si ce n'est pas lui qui est responsable de l'univers qui l'entoure et des événements qui se succèdent est abandonné à la fin, validant le choix de Deus ex machina qui confinent au ridicule. C'est dommage, car ça aurait pu amener un second degré de lecture sur le pouvoir créateur de la pensée et de l'écriture.

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07 janvier 2015

Eleanor

eleanor

 

Holly Black

Bayard

        Zach, Poppy et Alice partagent une passion : les jeux de rôle avec des figurines. Ils ont inventé un monde à eux, peuplé de pirates, de cruelles sirènes, de voleurs et de trésors. Cc monde est dirigé par la Sublime Reine, incarnée par une inquiétante poupée de porcelaine qui trône derrière une vitrine chez Poppy et qui semble tout observer à travers ses paupières doses. Or, un jour, un incident pousse Zach à arrêter le jeu. La nuit suivante, la poupée se réveille et se confie à Poppy : elle a jadis été fabriquée avec les cendres d'une fillette nommée Eleanor, et elle exige d'être enterrée avec les siens, sinon les trois amis ne connaîtront jamais le repos...

        Holly Black est l'auteure de l'excellente série jeunesse des Chroniques de Spiderwick, et co-présentait également avec Justine Larbalestier le délirant recueil Zombies vs Licornes ; de quoi motiver une grosse envie de lecture pour ce titre ! Heureusement, j'avais lu les avis un peu déçus de Jess et de Clarabel avant d'entamer ce roman ; j'avais donc bien en tête qu'il ne fallait pas s'attendre à des scènes d'horreur. Et effectivement, l'histoire ressemble plus à un roman d'aventures pour les 10-13 ans, avec des personnages qui tentent d'accomplir leur quête, parsemé de quelques scènes qui feront frissonner les lecteurs les plus impressionnables. Si le livre a du coup assez peu d'intérêt pour un public plus agé, je suis d'accord avec Clarabel qui souligne que la capture sur le vif du passage de l'enfance à l'âge adulte demeure intéressante.

A noter pour les profs de Français : Eleanor rentre dans la définition du registre littéraire du fantastique, puisque toute l'histoire reste suffisamment ambiguë pour qu'on ne distingue pas la vérité de l'imagination...

31 décembre 2014

Bilan 2014 : les coups de ♥

Une année riche en émotions... mais aussi en lectures !

Cette année, j'ai eu le plaisir (la plupart du temps !) de dévorer 118 romans (dont 69 en ebooks sur ma liseuse), soit presque 34.000 pages ! C'est un peu plus que l'an dernier, notamment grâce à du temps libre en fin de grossesse, parce qu'une fois Raphaël arrivé, ma moyenne a bien chûté...

(Petit clic sur les couvertures pour lire mon avis)

Mes 2 énormes coups de coeurs de l'année :

oceanauboutduchemin          chatauxyeuxdor

De la science-fiction et fantasy :

sans-parler-du-chien          1984          demain les chiens          tehanu          Contes-de-Terremer

De la jeunesse :

perle          flora          Tant que nous sommes vivants          auboutduvoyage          humains          le-cachot-de-la-sorciere-4493931-300x464          eleanor

Des classiques :

janeeyre          Orgueil-et-prejuges          comtemontecristo

Du contemporain :

          lecon

Je vous souhaite un bon réveillon et bien sûr une excellente année 2015 !

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01 décembre 2014

Blog au ralenti...

Gary

Une petite note de blog pour vous informer que les parutions de ce blog seront désormais aléatoires ! En effet, j'ai beaucoup moins de temps pour lire et bloguer depuis la naissance de mon fils Raphaël le 8 octobre dernier...

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J'avais pu programmer des billets à l'avance en fin de grossesse, mais la réserve est désormais terminée. Je continuerai à écrire quelques avis selon mes possibilités, avec beaucoup moins de régularité qu'avant !

Bonne fin d'année à tous !

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16 novembre 2014

Ces titres que je ne chroniquerai pas...30

Un petit point sur les livres auxquels je ne réserverai pas de chronique individuelle, par manque de temps, parce que je ne les ai pas fini, parce que je ne les ai pas compris... C'est parti !

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Dieu me déteste, de Hollis Seamon, édité chez la Belle Colère

Résumé : New York, hôpital Hilltop. Richard Casey aura bientôt 18 ans. Comme tous les adolescents, il voudrait faire la fête, draguer, s’envoyer en l’air, tomber amoureux, danser, fumer, boire, et tout recommencer. La différence, c’est que Richard sait qu’il ne fêtera jamais ses 19 ans. il est un peu plus pressé que les autres et pour vivre fort, il lui faut déjouer les pièges de tous ceux qui préféreraient le voir vivre un peu plus longtemps. Heureusement, Richard a de la ressource, du courage et un solide sens de l’humour. Alors il va ruer dans les brancards. Et si Dieu le déteste, il est prêt à rendre coup pour coup.

Pourquoi je ne le chronique pas : Parce que je m'attendais à un texte plus percutant. Certes, les passages trash ne manquent pas, mais l'ensemble ne m'a pas touchée.

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Cool sweet hot love, d'Erin MacCahan, édité chez Nathan

Résumé : Josie, 16 ans, est surdouée. Elle pense savoir tout sur tout et adore décortiquer, analyser, disséquer les mots… même ceux qui ne font pas vraiment partie de son quotidien, comme "amour", "petit ami", ou "rupture". Le jour où sa sœur Kate présente son fiancé à toute la famille, autour d’un délicieux plat de pâtes dont leur mère a le secret, Josie est persuadée que cette dernière fait fausse route. Comment pourrait-elle « aimer » ce garçon suffisant et insupportable ! Josie s’engage dans une bataille féroce pour briser ce couple… 

Pourquoi je ne le chronique pas : Parce que c'est un petit roman de chick-litt mignon comme tout, mais qu'on peut le zapper sans regrets.

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La baby-sitter, de Gudule, édité chez Milady

Résumé : Étrange gouvernante pour de très bizarres enfants...Et si la rassurante baby-sitter se laissait dominer peu à peu par la sauvage et sanglante violence que contiennent les contes de fées qu'elle lit le soir aux enfants ? Les deux gamins pourront-ils échapper à celle qui tout d'un coup se prend pour l'ogre et traque les chères têtes blondes ? Le grand méchant loup se lèche les babines...  

Pourquoi je ne le chronique pas : Parce que j'avais l'excellent souvenir que les romans de Gudule / Anne Duguel (lus durant mon adolescence) plongeaient subtilement dans l'horreur et le malsain ; mais ce texte là ne fait pas dans l'ambiance et la suggestion, et nous balance son passage gore réglementaire et bien millimitré à chaque chapitre, au point de tirer vers le grotesque et le ridicule.



09 novembre 2014

Le livre de Perle

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Timothée de Fombelle

Gallimard

        Résumé de l'éditeur : Il vient d'un monde lointain auquel le nôtre ne croit plus. Son grand amour l'attend là-bas, il en est sûr. Pris au piège de notre Histoire, Joshua Perle aura-t-il assez de toute une vie pour trouver le chemin du retour?

        Je n'ai pas lu tous les romans de Timothée de Fombelle mais j'avais adoré Tobie Lolness ; du coup j'attendais ce titre énigmatique avec impatience. Déjà, précipiter un prince de conte de fée dans les combats de la seconde guerre mondiale, il fallait oser, l'idée est couillue. Et figurez vous que ça marche du tonnerre ! L'écriture enlevée y est sûrement pour beaucoup, car comme dans les bons récits d'aventure, on ne s'ennuie jamais. La construction joue énormément à créer le suspense également, car on alterne les narrateurs, les mondes, les points de vue mais aussi les époques (il faudra d'ailleurs plutôt conseiller le roman à des lecteurs assez à l'aise). Bref, une nouvelle réussite pour cet auteur français qui ne prend pas les adolescents pour des imbéciles !

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02 novembre 2014

Bird box

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Josh Malerman

Orbit

        Résumé de l'éditeur : La plupart des gens n’ont pas voulu y croire. Les incidents se passaient loin, sans témoins. Mais bientôt, la menace s’est rapprochée, a touché les voisins. Ensuite, Internet a cessé de fonctionner. La télévision et la radio se sont tues. Les téléphones ne sonnaient plus. Certains, barricadés derrière leurs portes et leurs fenêtres, espéraient pouvoir y échapper. Depuis qu’ils sont nés, les enfants de Malorie n’ont jamais vu le ciel. Elle les a élevés seule, à l’abri du danger qui s’est abattu sur le monde.

        J'ai sauté sur ce roman lorsque j'ai vu que la présentation le comparait à La route, de Cormack MacCarthy, qui m'avait subjugée. Alors certes, c'est du post-apocalyptique, mais ça ne ressemble finalement pas du tout à La Route dont l'écriture faisait toute la force et la particularité. Ici, on est dans le vrai thriller haletant, pas dans la recherche stylistique, et l'ambiance m'a fait penser à Room sur toutes les questions qu'on se pose (mais comment vont-ils s'en sortir ?), le fantastique en plus. Un bon page-turner qui tient ses promesses, pas forcément marquant mais efficace.

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29 octobre 2014

Des suites et des fins : Origami Yoda 3 / Les chats volants 2

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Origami Yoda, tome 3 : Le secret de la cocotte Wookie, de Tom Angleberger, édité chez Seuil

     Résumé : Depuis que Dennis a été renvoyé, les élèves de McQuarrie doivent se débrouiller tout seuls. Plus d’Origami Yoda pour les aider à éviter les pièges du collège…Jusqu’à ce que Sara apporte en classe une cocotte en papier à l’image de Chewbacca. Elle raconte partout que c'est Dennis qui la lui a envoyée, et que ce nouvel origami peut prédire l’avenir aussi bien que Yoda ! Pendant ce temps, Dennis s’intègre très bien dans son nouveau collège. Un peu trop bien, même. Serait-il devenu normal ? Impensable ! Un Dennis sans catastrophes ni bizarreries, n’est pas Dennis.

Suite de Origami Yoda et Kraft Vador.

     Les conseils de cette nouvelle cocotte en papier sont toujours aussi énigmatiques, mais sont malheureusement immédiatement expliqués par Sara, qui donne la solution et la marche à suivre avant qu'on puisse découvrir ou en imaginer le sens caché. C'est dommage, parce que ça enlève une partie du plaisir des tomes 1 et 2.

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Les chats volants, tome 2 : Le retour des chats volants, d'Ursula K. Le guin, édité chez Gallimard

     Résumé : Un matin, dans leur maison confortable à la campagne, Thelma, Roger, Harriet et James évoquent la ville qu’ils ont quitté à tire d’ailes alors qu’ils n’étaient que des chatons et leur tendre mère qui leur manque. James et Harriet décident de refaire le grand voyage pour la retrouver. Mais bien qu’ils se fient à leur odorat, ils ne retrouvent plus la benne à ordures qui encombrait autrefois l’allée, ni la trace de leur mère. Ils ne découvrent qu’un pauvre chaton ailé, tout noir et effarouché qui a trouvé refuge dans un vieil entrepôt.

Suite des Chats volants

     Toujours aussi mignon, j'ai néanmoins été un peu sous le charme que pour le premier volume, parce que le message sur la différence m'a semblé un peu plus simpliste qu'au début. Ca reste une très bonne série de qualité pour les lecteurs débutants entre 6 et 8 ans !

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26 octobre 2014

L'océan au bout du chemin

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Neil Gaiman

Au Diable Vauvert

        Résumé de l'éditeur : "J'aimais les mythes. Ils n'étaient pas des histoires d'adultes et ils n'étaient pas des histoires d'enfants. Ils étaient mieux que cela. Ils étaient, tout simplement." De retour dans la maison de sa famille pour des obsèques, un homme encore jeune, sombre et nostalgique, retrouve les lieux de son passé et des images qu'il croyait oubliées. Le suicide d'un locataire dans une voiture au bout d'un chemin, sa rencontre avec une petite voisine, Lettie, qui affirmait alors que l'étang de derrière la maison était un océan. Et les souvenirs de l'enfance, qu'il croyait enfuis, affluent alors avec une précision troublante...

        Je ne suis pas une groupie. Je ne cours pas après les dédicaces, je ne harcèle pas les auteurs, je ne fouille pas leurs poubelles. Mais quand j'ai eu en main le dernier titre de Neil Gaiman, j'étais hystérique. Parce que même si je n'ai pas aimé tous ses romans (je n'ai jamais fini American Gods, par exemple), j'ai été marquée à vie et au fer rouge par certaines de ses nouvelles des recueils Miroirs et fumée et Des choses fragiles, amusée par De bons présages, traumatisée par l'Autre Mère de Coraline, et émue et profondément touchée par les récits de la bande dessinée Sandman dont il est scénariste.

Bref, venons-en à L'Océan au bout du chemin. De plus en plus emballée au fil de ma lecture, j'ai laissé reposer un peu mon ressenti avant de rédiger cette chronique, et j'ai le plaisir de vous annoncer que mon enthousiasme n'a pas baissé d'un poil.

Neil Gaiman nous propose un roman subtil, une plongée dans le fantastique le plus cru, le plus dépouillé qui soit. L'immersion dans le monde de l'enfance (puisque l'auteur-narrateur se souvient de faits qui ont eu lieu alors qu'il n'avait que 7 ans) aide à créer une atmosphère simple, un monde dans lequel il suffit de faire un pas de côté pour que le banal étang de ferme se transforme en océan nourricier et détenteur de tous les savoirs du monde. Le jeune ersatz de Neil Gaiman est prêt à accepter les événements les plus étranges comme une évidence, et tout coule de source à ses yeux comme à ceux du lecteur, entrainé par le flot du récit.

Mais l'histoire n'est pas un long fleuve tranquille ! Le malaise qu'on pouvait ressentir à la lecture de Coraline n'est jamais bien loin (brrr, cette Ursula qui rend étrangère même la rassurante figure paternelle, quelle angoisse !), et le terme d'inquiétante étrangeté (Unheimliche)s'applique parfaitement à ce récit. L'irrationnel fait irruption dans le quotidien, le paysage familier et l'intime, bouleversant les repères et oscillant entre la peur et la fascination pour les trois femmes de la famille Hempstock.

Alors que le jeune garçon retrouve peu à peu la mémoire, c'est également une réflexion sur le souvenir, la nostalgie et le temps qui transforme les choses.

C'est un livre très riche malgré son apparente simplicité, et c'est sans conteste mon gros, gros coup de coeur de cette année 2014 ; le roman a d'ores et déjà obtenu le prix Locus 2014, et devrait en collectionner quelques autres !

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22 octobre 2014

Juste après dresseuse d'ours

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Jaddo

Fleuve Noir

        Résumé de l'éditeur : Petite, je voulais faire desseuse d'ours.
Et puis ça m'a passé et j'ai fait docteur. Généraliste remplaçante. Mais quand même, depuis douze ans (entre la fac, l'hôpital et le cabinet), j'ai eu le temps de voir un paquet de choses absurdes, terrifiantes, émouvantes, révoltantes, rigolotes. J'ai eu le temps de dire un paquet de conneries, et d'en faire quelques-unes. J'ai eu le temps de mettre de côté un paquet d'histoires à raconter. 

        Comme pour le livre Alors voilà : les 1001 vies des Urgences, c'est une nouvelle bonne surprise avec ce texte d'excellente qualité ! Le récit se compose de chapitres très courts, avec une anecdote à chaque fois (ce qui était juste parfait pour relancer mes lectures au moment de mon manque de concentration de fin de grossesse), intelligents et bien racontés. Ces petites chroniques sont souvent drôles, parfois pleines de colère, toujours plaisantes et pleines d'humanité. Nos médecins n'ont pas qu'une vocation, ils ont aussi du talent.

Le lien vers le blog Juste après dresseuse d'ours, de Jaddo : régalez-vous !

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19 octobre 2014

Le fils

fils

 

Lois Lowry

Ecole des Loisirs (Médium)

Fait partie de la tétralogie Le Passeur, Messager, L'élue

        Résumé de l'éditeur : Les pêcheurs l’ont surnommée Claire de l’eau. Quand ils l’ont arrachée aux flots et ramenée au village, la jeune naufragée ne se souvenait de rien, sauf de son prénom. Personne ne sait qu’elle a grandi dans la communauté, une société où les couleurs n’existent pas et où les émotions sont interdites. Personne ne peut imaginer qu’elle a été programmée pour être mère porteuse, qu’elle a été inséminée à l’âge de quatorze ans, qu’elle a eu un fils, qu’on le lui a arraché. Depuis, Claire n’a plus jamais été la même, obsédée par cet enfant qu’elle a tenu une seule fois dans ses bras, hantée par ses boucles blondes et ses yeux clairs. Elle fera tout pour retrouver son fils, jusqu’à accepter un terrible sacrifice…

        Si ça avait été une histoire indépendante, j'aurais parlé de l'écriture fluide, de l'histoire, étrange et sympathique, mais peu marquante. Mais dans la mesure où il s'agit de la suite du Passeur (paru en 1993), un de mes livres cultes, je suis obligée de mettre en avant ma déception. J'ai eu du mal à me décider à lire ce roman, pour garder intact le souvenir du Passeur dans ma mémoire, qui m'avait profondément marqué quand j'avais une douzaine d'années. Le Fils est composé d'une première partie où l'on retrouve exactement le même univers que le Passeur (avec quelques détails qui m'ont laissé perplexe, tels ces enfants qui rougissent à la cérémonie des 12 ans, alors que la communauté ne distingue pas les couleurs...) ; la seconde partie se déroule dans un village qui se rapproche du monde tel qu'on peut le connaître, mais à mon avis, l'univers du Passeur doit rester hors contexte pour garder sa force, car toutes les avancées scientifiques et le fait incroyable de pouvoir garder les souvenirs et les passer d'une personne à l'autre ne peuvent pas avoir leur place dans notre monde. Enfin, la troisième partie bascule dans le fantastique, axée sur Gabriel, avec beaucoup d'informations inutiles sur Jonas, Kira et Matty. On est dans la démonstration un peu lourde pour bien montrer qu'on est dans la tétralogie, mais on peine à créer le lien, et on finit précipitamment en quelques pages.

Le tout forme un ensemble très disparate : les parties s'articulent difficilement et abruptement.
Pour moi, ce quatrième roman n'a pas d'intérêt par rapport aux trois autres ; il n'apporte rien de plus. Certes, il vous montre ce que sont devenus les personnages tant chéris, mais platement, sans y insuffler la force du récit de la trilogie initiale (qui, je le rappelle, était complète). Bref, à lire si vous n'avez pas d'attachement particulier aux précédents volumes, mais que je vous conseille d'éviter si, comme moi, ils vous avaient laissé un fort souvenir.

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15 octobre 2014

Terremer 4 : Tehanu / Contes de Terremer

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 Terremer, t.4 : Tehanu, d'Ursula K. Le Guin, édité chez Livre de poche

        Résumé de l'éditeur : Tenar est devenue femme. Elle a conservé de ses aventures précédentes de redoutables pouvoirs : celui de guérir les corps et les âmes et celui de parler aux dragons.

Attention, n'allez pas lire le résumé de certains sites marchands, il vous révèle la fin en deux phrases !

        Quel bonheur de se replonger dans l'univers de Terremer, de retrouver les paysages, de sentir les embruns, d'admirer les couchers de soleil... et de suivre à nouveau le parcours de Tenar (Livre 2, Les tombeaux d'Athuan) et Ged, l'Archimage originaire de Gont... Quelques autres personnages connus croiseront leur route, de nouveaux feront leur apparition (et pas forcément des plus sympathiques !), et l'on rencontrera même quelques dragons... J'ai adoré l'histoire de ce quatrième livre, embellie comme toujours des magnifiques légendes de Terremer ; et la fin, que vous l'ayez vu venir ou pas du tout, est magistrale tout en restant pleine de la sobriété et de l'humilité qui caractérise la plume magique d'Ursula Le Guin. A noter que j'ai particulièrement aimé les réflexions sur les magies et le pouvoir propres aux hommes ou aux femmes ; je ne me souvenais pas d'une approche aussi féministe dans les précédents tomes, parfaitement raccord dans la bouche d'une Ténar plus mûre, un peu amère parfois mais toujours pleine d'espoir et de force.

Contes-de-Terremer

Contes de terremer, d'Ursula K. Le Guin, édité chez Livre de poche

     Recueil de 5 nouvelles qui ont lieu dans le monde de Terremer, à différentes époques (Le trouvier / Rosenoire et Diamant / Les os de la terre / Dans le Grand Marais / Libellule)

     J'ai adoré la préface dans laquelle l'auteure explique qu'elle est revenue voir en Terremer ce qui s'était passé en son absence et qu'elle a été, en quelque sorte, dépassée par sa création. Les cinq contes possèdent chacun une atmosphère propre, puisqu'ils ont lieu à des périodes très éloignées ; ils vont ainsi s'arrêter sur des sujets variés (la magie, la création de l'école de Roke, une histoire d'amour...) à des échelles très différentes (des récits très personnels, ou de grandes sagas qui changeront le cours de l'Histoire de Terremer). J'y ai à nouveau retrouvé cette pointe de féminisme que j'ai ressenti dans Tehanu, et la magie opère toujours.

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