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Pit Agarmen

Robert Laffont

        Résumé de l'éditeur : Quand l’humanité entière se change mystérieusement en zombies, et qu’un jeune écrivain de romans à l’eau de rose se trouve seul confronté à cette violente apocalypse, il n’est finalement pas si surpris. Voilà longtemps que l’humanité a atteint le stade ultime de la décadence, de la sauvagerie et de la cruauté, et il n’y avait sans doute qu’un pas pour que l’homme se transforme en monstre putréfié et anthropophage.

        Sous ce pseudonyme (un indice ? c'est un anagramme), se cache un auteur français que j'aime beaucoup (vous avez trouvé ?). Ce nouveau roman a une construction extrêmement intéressante ; alors qu'on s'attend à de l'action, des détails gore, du suspense comme dans la plupart des histoires de zombies, il sera en réalité plutôt question de la gestion de la solitude, de la survie et de la conservation d'un équilibre mental en l'absence de contact social, et cette audace dans le bouleversement des codes m'a séduite. La quatrième de couverture fait un parallèle avec Robinson Crusoé, et effectivement, la narrateur est reclus, perdu sur son îlot au milieu d'une mer hostile de morts-vivants. Le rythme est assez lent, contemplatif, accompagnant ainsi l'adaptation très progressive d'Antoine, qui tente de repousser la folie qui le guette ; pourtant je ne me suis pas ennuyé, savourant les nombreuses réflexions sur la nature de l'humanité, son caractère profondément social, les questions sur le but de l'existence et les raisons de continuer quand il semble ne plus rien rester. Une petite réserve sur la fin malgré tout, que je trouve un peu trop facile ; mais ça ne m'a pas gâché mon plaisir de lecture.