Hush_Hush

Becca Fitzpatrick
Editions du Masque

Nora a perdu son père l'année dernière et tente de se reconstruire. En cours de biologie, elle est placée à côté de Patch, hautain mais très attirant, et qui semble en savoir trop sur elle. Nora va découvrir beaucoup de secrets, et surtout qu'il ne faut pas se fier aux apparences...

Commençons par l'écriture. Le style est inexistant : c'est à dire que c'est plutôt facile à lire, mais le ton ressemble à la dizaine de romans ado plus ou moins réussis qui sortent en ce moment.
Pourquoi pas, si l'histoire est à la hauteur ? Mais non, décidément, je n'ai pas accroché. La narratrice est relativement insipide, elle est "torturée" entre l'aversion que lui inspire Patch et son désir pour lui mais cette dichotomie parait complètement factice puisqu'il est évident qu'elle a succombé dès les premières pages, alors pourquoi en rajouter des tartines dans le "Non, je ne peux pas, c'est mal" ?
Il y a aussi cette séquence, que j'ai déjà vu dans d'autres romans (Tattoo par exemple), où l'héroïne fait une recherche sur Internet, tombe tout de suite sur un site qui correspond à ses interrogations ("Les anges déchus : l'effroyable vérité"), et en tire des conclusions pour le moins hâtives : en l'occurrence, après quelques paragraphes, Nora est convaincue que les anges existent, et que Patch est un ange déchu. Mais bien sûr. Comme je regrette Jessica / Antanasia dans Comment se débarrasser d'un vampire amoureux, qui réagissait comme une personne sensée et qui ironisait sur les événements ! Je dois aussi préciser que la fameuse recherche Internet se fait juste après que Nora ait vu les cicatrices dans le dos de Patch parce qu'il a chahuté avec un ami, qu'ils se sont roulés par terre dans une salle de billard et que son T-shirt a craqué. Tout à fait plausible... En fait, mon impression est la suivante : l'auteure avait besoin de certains événements pour faire avancer son histoire, et a trouvé des solutions pour chaque cas sans se soucier de la cohérence d'ensemble. Pour des scènes à suspense, il faut que l'héroïne soit seule dans la maison ? Hop, on lui met une mère qui travaille très loin. Elle doit apercevoir les cicatrices de Patch ? Faisons-le chahuter avec un copain. Et ainsi de suite. La fin a des airs de la série Bleu cauchemar, façon serial killer, le mélo en plus.
Du côté des points positifs : une (très) jolie couverture, un style fluide, quelques scènes sensuelles entre Patch et Nora. Pour moi, pas assez pour rattraper les défauts.

crescendo

Une suite est déjà prévue,

qui s'intitulera Crescendo,

et qui devrait sortir en novembre aux USA.