fin-de-partie

Samuel Beckett

Editions de Minuit

        Présentation Wikipedia : Fin de Partie est la deuxième pièce de Samuel Beckett à avoir été représentée. Créée en 1957, elle a d'abord été écrite en français puis traduite en anglais par Beckett lui-même sous le titre d'Endgame. Elle met en scène trois personnages handicapés physiquement ainsi qu'une autre personne : Clov, qui est le seul a pouvoir se déplacer à sa guise ou presque. Il est le valet de Hamm ainsi que son fils adoptif. Tous vivent dans une maison qui est, selon les dires des personnages, située dans un monde désert, dévasté et apocalyptique. La pièce parodie les conventions théâtrales classiques : rien ne se produit au cours de la pièce, la fin est annoncée dès les premiers mots et est même présente dans le titre, et les personnages s'adressent parfois au public pour déclarer qu'ils s'ennuient à mourir.

        Décidément, je me découvre une passion pour Samuel Beckett. Après ma découverte de En attendant Godot, qui a commencé à me retourner la tête, j'ai continué mon 180° avec Fin de Partie, que plusieurs lecteurs m'ont recommandé (sur Babelio notamment). Et non seulement je ne suis pas déçue, parce que j'ai adoré la pièce, mais en plus j'ai l'impression qu'elle confirme la direction de "Théâtre de Science-fiction". J'imagine qu'on peut interpréter la pièce de beaucoup de façon différentes, tellement elle est riche et étrange ; mais si vous la lisez en partant du principe que les personnages (sur)vivent dans un monde post-apocalyptique, ça fonctionne pile poil. Et du coup, il y a un jeu passionnant tout au long de la lecture, c'est de tenter de reconstituer le puzzle de ce qui a pu se passer. Beckett sème des indices un peu partout ; la fin de l'humanité, le langage qui se délite... Et puis, cette histoire que Hamm raconte, de l'homme et de son petit garçon à recueillir (dont on devine qu'il s'agit de Clov), elle ne vous fait pas penser à La Route, de Cormac MacCarthy ? Le parallèle m'a d'autant plus troublée que la pièce et le roman se déroulent dans un monde où le soleil est mort ou caché par des cendres... Le fait de transposer le traumatisme de la guerre dans un univers de science-fiction me faisait également penser à la vague de mangas fantastiques / horrifiques qui a déferlé dans l'édition japonaise après les bombardements d'Hiroshima et Nagasaki... comme si l'horreur des actes humains ne pouvait véritablement se concevoir qu'avec la distance d'un monde plus éloigné de notre quotidien. Bref, encore de nombreuses pistes à creuser, c'est riche, ça fait réfléchir, c'est passionnant !