plaguers

Jeanne-A Debats
L'Atalante

     Présentation Livraddict : La Plaie avait déferlé sur le monde peu de temps après l’Extinction de 2105. À cette époque-là, les réacteurs Alyscamps commençaient à peine à nous dispenser enfin l’énergie gratuite et non polluante qui aurait prévenu cette catastrophe si on les avait découverts plus tôt. Les mers n’étaient plus que des cloaques où nul n’aurait pu voir avec un microscope et brutalement, nous n’avions plus que les rats, les cafards et quelques insectes aussi résistants que répugnants comme colocataires de la Terre. Pourtant, cet ultime voisinage sembla ne pas être destiné à perdurer non plus, car le Joueur de Flûte naquit, ainsi que l’avait surnommé le service publicitaire de son employeur. Il fut le premier Plaguer. Il avait des affinités avec les rats.
Quentin est un Plaguer, sous ses pieds jaillissent des sources, et celle qu’il aime, Illya, fait fleurir les orchidées partout où elle passe. Ils sont tous deux conduits à la Réserve parisienne. Ils vont y faire l’expérience de la vie communautaire, du Contrôle de leurs Plaies et, surtout, de l’étrange mutation qui les attend à travers l’Union : de la Fusion des Plaguers naissent les Uns, et même des Multiples – des entités fascinantes faites de plusieurs individus…

          Je suis restée perplexe à la lecture de ce roman, et, avouons-le, pour une fois, je n'ai pas vraiment d'avis, principalement parce que je ne m'attendais pas à ce type d'histoire. Je pensais découvrir un monde créé entièrement, sans aucun lien avec la Terre et la vie humaine ; or les événements se passent en France d'ici à peine une centaine d'années, et le contexte est donc très familier. Ok, je n'avais qu'à lire les résumés sur les blogs, et après tout ce point n'est pas un souci.
     Mais globalement, je n'ai pas adhéré avec la théorie de fond du roman, qui repose sur une certaine vision des sources et des flux d'énergie de l'univers (et autre chose que je ne peux pas expliquer sinon je révèle la fin).

          Dès le début, je n'ai pas vraiment trouvé crédible le fait que les Plaguers soient absolument tous rejetés sans exception, sous le prétexte que quelques uns ont provoqués des catastrophes et que les gens les tiennent pour responsables de la dégradation environnementale ; ça ressemble fort à une analogie du racisme, ce qui en soit est une bonne idée, mais il faut tenir compte du fait qu'ici, les Plaguers ne sont pas seulement différents mais ont des pouvoirs, et il me semble que dans ce monde si proche du nôtre, il y aurait eu des sectes qui auraient protégé et vénéré ce qui peut apparaitre comme miracles ou des demi-dieux, et même sans aller jusqu'à imaginer des sectes, les pouvoirs des Plaguers auraient dû sembler bénéfiques, ou tout au moins utiles dans un monde où les animaux et l'air pur ne sont plus que de lointains souvenirs. Et forcément, comme la base de l'histoire ne fonctionne pas pour moi, l'ensemble m'a paru un peu simpliste et assez cliché dans le côté écologiste bien pensant très à la mode. Ce n'est pas aussi prégnant que ça dans le livre parce que le fonctionnement de la Réserve et les interactions entre les personnages prennent beaucoup de place, mais c'est un aspect qui m'a dérangée.
     J'ai un peu trépigné aussi à la fin, en voyant Hugo manipuler Illya sans que Quentin ne réagisse (oui, il s'inquiète, mais c'est tout !) alors que le passé d'Hugo n'est un secret pour personne (même pas pour le lecteur) et que du coup on devine immédiatement le danger, mais ça n'a pas l'air d'affoler les personnages. Bon.

          Malgré tout ça, je dois reconnaitre que le style fluide a rendu la lecture plaisante, et je ne me suis pas ennuyée, voilà pourquoi je ne tranche pas définitivement sur ce titre. D'autant plus que c'est un coup de cœur pour beaucoup d'autres blogueurs (au moins 4 recensés ici !), donc n'hésitez pas à vous faire votre propre avis !