krabat

Otfried Preussler
Bayard


          Il existe une sorte de magie que l'on acquiert avec peine, celle du Koraktor, que l'on doit apprendre signe après signe, formule après formule.  Et il en existe une autre qui pousse et grandit au fond du cœur d'une personne, simplement parce qu'elle se soucie d'une autre personne aimée.

          Krabat est un jeune vagabond qui mendie pour subsister. Une nuit, il rêve de 11 corbeaux, et une voix impérieuse lui demande de se rendre au moulin de Schwarzkolln. Après avoir fait le même rêve plusieurs nuits de suite, il décide de suivre cet ordre, et devient apprenti du Maître avec 11 camarades, qui leur enseigne le métier de meunier mais surtout la magie noire.

          Ce livre nous plonge dans un monde étrange, éthéré, comme coupé de la réalité. L'écriture est très factuelle, c'est à dire que l'auteur se contente de relater ce que Krabat fait, ce qui se passe au moulin et les rêves des apprentis. Je qualifie donc son style de factuel en opposition à une écriture qui ferait appel aux sens,  avec des descriptions de goûts, de couleurs, de sensations, d'ambiance, avec des métaphores. D'ailleurs, la fin est très abrupte, à l'image du reste du livre. Le récit utilise également à plusieurs reprises un procédé de répétition, qui me plait beaucoup, et qui construit une sorte d'écho onirique dans le roman.
Bref, c'est un livre difficile à décrire, qui n'est pas vraiment un roman mais un récit étrange, qui a réussi à éveiller ma curiosité et à me donner envie de continuer ma lecture.

Un film a été réalisé en Allemagne, dont voici la bande-annonce traduite en anglais. Le trailer a l'air de beaucoup miser sur l'action et les effets spéciaux, ce qui doit donner une atmosphère assez différente du livre, dans lequel l'attente se fait pesante et participe à une ambiance lourde plutôt réussie.