pacteminuit

David Whitley
Gallimard

Alors qu'il est touché par la peste grise, Mark, 12 ans, est vendu par son père à un médecin qui lui sauve la vie. Mark devient alors son apprenti dans la haute tour du comte Stelli, astrologue réputé, et fait la connaissance de Lily, une domestique de 13 ans. Les deux enfants se lient d'amitié, et décident d'échanger leurs fonctions. Alors que le docteur Théophilus est chassé de la tour et part avec Lily, Mark est initié aux secrets du comte Stelli, mais va vite découvrir qu'il est au centre d'un complot fomenté par le comte. Mais les deux jeunes gens sont au centre d'un pacte bien plus essentiel encore...

Ce titre fait partie de ces livres pour lesquels je me dis qu'il y a un certain nombre de défauts, mais du potentiel.
Dans ce qui m'a gêné :
C'est peut-être moi qui suis passée à côté, mais je n'ai pas vraiment compris comment le complot contre Mark peut tenir la route : le comte l'utilise tout en faisant courir le bruit qu'il est le poulain de Ruthven pour ensuite ridiculiser Ruthven ; mais je ne vois pas concrètement comment ce piège peut ternir la réputation de Ruthven, puisque ce dernier n'a pas choisi Mark et qu'il ne lui a pas non plus dispensé son enseignement. Pour moi la responsabilité de l'échec va forcément au comte, et les tentatives d'explication de l'inverse n'ont pas du tout clarifié cette idée.
Un autre élément reste obscur : pourquoi faire échanger la fonction des personnages au début du roman ? Pourquoi n'auraient-ils pas pu commencer l'histoire directement aux postes qu'ils occupent par la suite (Lily avec le docteur, et Mark apprenti du comte) ? Ou mieux, qu'ils soient restés à leurs fonctions et que Lily soit devenue la méchante et Mark le "robin des bois" de l'histoire ? J'ose espérer que ça n'a rien à voir avec l'idée que les filles sont naturellement plus charitables... J'espère qu'une raison apparaîtra plus loin dans le second tome.
Par contre, il y a quelques bonnes idées : celle des fioles de sentiments par exemple, relativement peu exploitée. J'ai trouvé également que l'écriture prenait de l'ampleur au fil des pages ; les réflexions sur les fondements et le fonctionnement de la société, même si elles sont parfois à la limite du simpliste, sont assez prenantes.
Pour résumer : on sent que les pièces du puzzle s'emboîtent petit à petit pour donner forme à  l'ensemble, ça reste encore flou dans ce premier tome (la fin est carrément abrupte !) mais ça peut donner quelque chose d'intéressant...