draculamonamour

Syrie James
Hachette, collection Black Moon

     Je l'ai aimé. Avec passion, du plus profond de mon âme et de mon cœur. A une époque, j'aurais volontiers renoncé à ma vie d'humaine afin de rester auprès de lui pour l'éternité.
Pourtant...
Durant toutes ces années, la vérité de ce qui s'est réellement produit a lourdement pesé sur mon esprit, me privant du plaisir des choses simples, me volant mon appétit, m'interdisant le sommeil. Aujourd'hui, je ne puis plus supporter le fardeau de la culpabilité. Il me faut coucher tout par écrit. Certes, ma confession restera secrète, mais elle est le seul moyen de me libérer, j'en suis persuadée.


      Ce roman est une réécriture du désormais classique Dracula, de Bram Stoker. Il se situe sept ans après les événements dramatiques qui ont scellé le destin du comte vampire. Il s'agit ici du journal de Mina Harker, qui reprend le déroulement de l'histoire en révélant la vérité sur certains aspects cachés ou mal interprétés : Mina y dévoile son histoire d'amour avec Dracula...

    J'adore les réécritures. Je m'étais passionnée il y a quelques années pour Médée de Christa Wolf, ou pour la nouvelle reprenant La belle au bois dormant dans le recueil Miroirs et fumée de Neil Gaiman. J'aime qu'un nouvel angle de vue vienne totalement bouleverser l'idée que j'avais de l 'histoire originale et des personnages.
Le début est très alléchant : la plume de Mina nous emporte facilement, l'action commence assez rapidement. Il n'est pas utile d'avoir lu Dracula pour suivre, et c'est d'ailleurs peut-être même mieux de ne pas connaître l'original pour complètement apprécier ce roman.
      En effet, j'ai trouvé que la partie "réécriture" peinait à démarrer, car on suit fidèlement le roman original, parfois maladroitement. Par exemple, il y a un passage où Mina lit le journal de Jonathan ; les extraits du roman de Bram Stoker sont donc résumés en quelques pages, et du coup l'auteure utilise de l'imparfait dans toutes les phrases pour montrer que c'est Mina qui prend connaissance de l'expérience de son fiancé, alors que pour certaines actions ça ne s'y prête pas du tout. Ça rend la lecture de ce passage assez désagréable ; heureusement, ça dure tout au plus une dizaine de pages. Mina décortique la plupart de ses questionnements point par point, et c'est bien vu car ça rend la nouvelle interprétation crédible, mais ça m'a parfois laissée une sensation de lourdeur par le côté "didactique" de l'exercice.
      On attend pas loin de 300 pages avant la vraie confrontation entre Mina et Dracula ; et là, heureusement, on est récompensé, ça chauffe tout de suite ! Ha, le fameux mythe de la sensualité des vampires : vous ne serez pas déçus sur ce point là ! J'avais peur que montrer le comte Dracula doux comme un agneau lui enlève son côté dangereux, son charisme et donc une bonne partie de son sex-appeal ; mais les descriptions sont plus nuancées que ça (surtout la fin !), donc son personnage reste séduisant.
      Enfin, ce que j'ai préféré dans ce roman, c'est le style : l'écriture est soignée, travaillée, pour être plausible et surtout nous plonger dans l'ambiance de l'époque.
      En résumé, une lecture tout à fait plaisante, qui ne me marquera pas autant que d'autres réécritures mais qui me laissera un bon souvenir.

Un grand merci aux éditions Hachette ainsi qu'à la team Livraddict pour ce partenariat en avant-première : le roman sort
mercredi 2 juin !

Ha, oui, j'allais oublier, je suis un peu hors sujet parce que ce n'est pas du tout le même style, mais tout ça m'a donné très envie de revoir Dracula, mort et heureux de l'être, film parodique complètement idiot avec Leslie Nielsen !