A première vue, la nouvelle collection Pépix de Sarbacane, des romans illustrés pour les 8-12 ans, s'inspire de l'excellente et inventive collection Witty d'Albin Michel. Même concept, même tranche d'âge, même mise en page, jusqu'à la police de caractère qui ressemble fort à celle de Witty ! Sur sa page de présentation, Pépix revendique humour, irrévérence et efficacité anglo-saxonne... ça vous rappelle quelque chose ? La nouveauté se situe donc au niveau du choix des auteurs, puisque les jeunes lecteurs pourront découvrir des textes d'écrivains français.

Reprendre une idée qui fonctionne déjà est souvent risqué : peut-on faire mieux que l'original ? La lecture de ces deux premiers titres de la collection me laisse franchement mitigée.

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Sacrée Souris, de Raphaëlle Moussafir, édité chez Sarbacane

Résumé de l'éditeur : Comment Léonore, une souris supra-minus, est devenue LA petite souris. À l’origine, Léonore n’était pas la plus travailleuse des souris : elle était même super douée dans l’art de faire semblant de débarrasser la table. Elle vivait dans le Grand Grenier du Château Grandiose, comme tout son peuple… mais quand la Reine des souris est morte, les laissant toutes à la merci des rats, il a fallu trouver une solution : un palais. Un palais bâti… avec des dents de lait.

Un titre qui nous prouve que l'humour anglo-saxon ne se copie pas... Entre l'irrévérence et la vulgarité, il n'y a souvent qu'un pas ; par son ton agressif, le roman franchit souvent la frontière de la méchanceté en croyant être impertinent. Pourtant, je vous assure que j'ai une certaine marge avant d'être choquée (je n'ai même pas eu peur quand Burt veut transformer Zoé en chair à hamburger, dans Ratburger !) ; mais je ne résiste pas à vous mettre un petit extrait

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qui nous explique donc que

1) Si ta maman est grosse, tu as (forcément) honte

2) Si elle est grosse, les hommes ne la regardent pas (no comment !)

3) Si elle ne plaît pas aux hommes, elle n'est pas heureuse. Parce qu'évidemment, l'épanouissement de la femme passe par le regard (lubrique) des hommes.

Mouarf. Dommage pour l'auteure du Vent dans mes mollets, mais l'essai de la collection Pépix est loin d'être transformé avec Sacrée souris.

 

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L’ogre au pull vert moutarde, de Marion Brunet, édité chez Sarbacane

Résumé de l'éditeur : Abdou et Yoan vivent dans un foyer pour enfants. Vous savez, les enfants dont personne ne veut… Ceux qui n’ont « pas d’avenir », comme le répète l’horrible Directeur du foyer. Heureusement, les deux copains ont de la ressource. Et quand ils découvrent que le nouveau veilleur de nuit, ce bonhomme énorme et très très laid, là, est un OGRE, ils ripostent : pas question de se laisser croquer comme des cookies !

Plus intéressant cette fois-ci : une écriture prenante, un récit bien construit qui entraine le lecteur, et des illustrations qui s'accordent avec l'histoire. C'est plutôt drôle, et bien adapté à la tranche d'âge.

 

On attendra donc les titres suivants pour se faire une idée définitive ; j'espère être pleinement convaincue par les prochains romans !