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Dan Simmons

Gallimard, Folio

     Résumé du tome 1 : Ils ont le Talent. Ils ont la capacité de pénétrer dans notre esprit pour nous transformer en marionnettes au service de leurs perversions et de leur appétit de pouvoir. Ils tirent les ficelles de l'histoire. Sans eux le nazisme n'aurait peut-être jamais existé, et nombre de flambées de violence, tueries, accidents inexpliqués n'auraient peut-être pas ensanglanté notre époque. Car ils se livrent aussi entre eux une guerre sans merci, selon des règles empruntées à celles des échecs.

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     Résumé du tome 2 : Ils peuvent faire des hommes les pièces d’un jeu d’échecs, faire de l’échiquier le terrain d’un jeu de massacre. Ils savent manipuler les êtres, les pousser à s’entretuer. Ils se nourrissent de cette violence, ils s’abreuvent de la souffrance qu’ils engendrent, avec une avidité malsaine. L’humanité n’est rien que le théâtre de leur cruauté. Mais le jeu peut aussi prendre des proportions plus démesurées, plus abominables. Car il est aussi une lutte perverse pour le pouvoir, et mener des pays à la guerre et engendrer des génocides ne sont qu’une nouvelle étape.

        Hyperion fait partie de mes livres préférés, et j'avais entendu beaucoup de bien de cet autre roman de Dan Simmons. Après un début qui m'a fait m'enthousiasmer (les pouvoirs de manipulation, des personnages malfaisants hors de tout contrôle, une stratégie liée au jeu d'échecs), je dois avouer que mon exaltation est retombée tout au long de ma lecture. D'abord à cause de l'écriture, très marquée années 80-90, et qui a franchement mal vieilli, au point que c'est difficile de ne pas le remarquer. Ensuite à cause de l'accumulation de violence mal dosée ; si au début on frémit en lisant les horreurs perpétrées par les détenteurs du Talent, il finit par y avoir une surenchère grossière. Trop de mitraillettes, trop de meurtres, trop de balles tirées sur les personnages principaux qui s'en tirent malgré tout (en courant à découvert avec les balles qui les frôlent, tsss), trop de missiles (oui oui, carrément), l'accumulation finit par devenir grotesque ; surtout qu'à force de buter tout le monde à coup d'explosifs, on s'éloigne un peu de la finesse de la stratégie du jeu d'échecs, qui était pourtant la base de l'histoire... Je ne regrette pas de l'avoir lu, il y a de bonnes choses mais on est à mon avis très loin d'une oeuvre majeure (et beaucoup plus intemporelle) comme Hyperion.