repasenhiver

 

Hubert Mingarelli

Stock

        Résumé (tronqué) de l'éditeur : Des soldats d’une compagnie isolée en Pologne, dont la mission est impossible. Soit ils participent chaque jour aux exécutions sommaires, soit ils sont envoyés dans la campagne alentour pour en ramener « un ». Trois hommes, las des fusillades, prennent la route un matin, et avancent péniblement dans la neige, le ventre vide et les pensées tournées vers leur vie civile, sans autre choix que de prendre part à une chasse à laquelle ils ne croient pas.

        Je n'avais pas osé me lancer dans un avis sur ma lecture précédente de l'auteur, Quatre soldats, mais cette fois, je n'ai pas envie de vous faire passer à côté d'un texte fort comme celui-ci. Le sujet et le cadre sont assez similaires au roman Quatre soldats : un contexte de guerre, des soldats qui sont là parce qu'il le faut, mais qui sont ailleurs (ou qui souhaiteraient l'être) dans leur tête, et enfin une parenthèse particulière durant une journée. Pourtant, si la pause ensoleillée des Quatre soldats leur apportait un repos de l'âme, il n'en sera pas de même pour ce repas d'hiver, lourd de non-dits et de conséquences. Nous avons ici un roman en filigrane, tout en pudeur, porté par une écriture avec une empreinte stylistique forte, mais qui marque pourtant à peine la neige grâce à sa délicatesse, et permet alors d'entrevoir la beauté et la cruauté entremêlées de la glace et du froid. J'y ai trouvé une bulle de chaleur, en vase clos dans un paysage de neige, sur des événements qui font pourtant froid dans le dos. Et puis même si nos soldats sont dans un paysage désolé, il reste pourtant un infime espoir, toujours présent, une hésitation, une possibilité, un peut-être, qui rend ces hommes terriblement humains.