lefaireoumourir

 

Claire-Lise Marguier

Rouergue

        Résumé de l'éditeur : Damien est un garçon trop sensible, méprisé par ses copains de classe depuis toujours et incompris de ses parents. Dès l’arrivée dans son nouveau lycée, il se retrouve par miracle sous la protection de la bande de gothiques et de son leader, Samy, un garçon lumineux, intelligent et doux, en dépit de son look radical. Très vite, Damien devient Dam, adopte piercings et vêtements noirs et, surtout, trouve auprès de Samy un véritable ami, et peut-être plus, au point de déclencher des représailles chez son père, contre ces «mauvaises fréquentations».

        Une grosse claque. Dans le (très) bon sens du terme, certes, mais une grosse claque quand même. La lettre de l'éditeur évoque les mots clés "gothiques, homosexualité, scarifications", mais effectivement le roman est à la fois bien plus subtil et bien plus violent que ces quelques mots. Ce court texte vous en dira plus sur le mal-être adolescent que bien des essais de psychologie. Le style est percutant et précis, l'auteure réussit parfaitement à décrire la sensation de perte de contrôle et de repères de Dam, comme si le jeune homme vivait en plein tremblement de terre, dans une confusion qui ne cesse jamais. Les agissements de son père sont d'une violence morale insupportable, et sa soeur est odieuse par le mépris qu'elle montre à son frère sans même en avoir conscience.
        Le faire ou mourir apporte une tentative d'explication intéressante sur les scarifications de Dam : l'adolescent explique que ses émotions, et notamment sa colère, prennent parfois la forme d'un flot violent, incontrôlable, et que se couper est une façon pour lui de laisser sortir physiquement une partie des émotions, afin d'éviter l'explosion s'il garde tout en lui. Par ailleurs, alors que sa famille ne lui accorde aucun crédit, s'automutiler est aussi pour lui une façon de se prouver qu'il existe bel et bien ; il saigne, donc il est vivant.
        Un flou subsiste concernant la construction de la fin ; l'enchainement des deux fins différentes est un peu confus pour moi. Je n'ai pas trouvé l'élément qui fait que le père de Dam rentre chez lui dans la première fin, ou qu'il soit absent dans la seconde version. A moins que la première fin ne soit qu'une sorte de fantasme de Dam, imaginant "ce qui aurait pu se passer si" ? Bref, même si la transition n'est pas claire pour moi, ce n'est pas gênant pour l'histoire, et c'est en tout cas un livre que je vous conseille fortement !

J'ai eu la chance de pouvoir découvrir ce titre grâce à l'opération Masse critique de Babelio ; merci à l'équipe, ainsi qu'aux éditions du Rouergue !