calpurnia

 

Jacqueline Kelly

Ecole des Loisirs

     Résumé de l'éditeur : Calpurnia Tate a onze ans. Dans la chaleur de l’été, elle s’interroge sur le comportement des animaux autour d’elle. Elle étudie les sauterelles, les lucioles, les fourmis, les opossums. Aidée de son grand-père, un naturaliste fantasque et imprévisible, elle note dans son carnet d’observation tout ce qu’elle voit et se pose mille questions. Comment se fait-il que les grandes sauterelles soient jaunes, et les petites, vertes ? Et à quoi sert une bibliothèque si on n’y prête pas de livres ? On est dans le comté de Caldwell, au Texas, en 1899. Tout en développant son esprit scientifique, Calpurnia partage avec son grand-père les enthousiasmes et les doutes quant à ses découvertes, elle affirme sa personnalité au milieu de ses six frères et se confronte aux difficultés d’être une jeune fille à l’aube du XXe siècle. Apprendre la cuisine, la couture et les bonnes manières, comme il se doit, ou se laisser porter par sa curiosité insatiable ? Et si la science pouvait ouvrir un chemin vers la liberté ?

     Un excellent roman, bien loin des genres et des sujets de la production éditoriale du moment. L'évolution de Calpurnia est passionnante, de la petite fille curieuse mais un peu timide, à une jeune fille qui se pose des questions sur tout (et pas uniquement dans les domaines scientifiques), qui murit, qui comprend le monde et la société qui l'entoure, qui prend de l'assurance et veut changer les choses. La relation privilégiée qu'elle noue avec son grand-père est très touchante, et le livre n'est pas dénué d'humour, car les six frères de Calpurnia ne sont pas avares en bêtises ! En tant que lecteurs de 2013, on est horrifié de voir à quel point l'intelligence et l'envie de découvrir de Calpurnia sont brimés par l'éducation et la destinée réservée aux jeunes filles ; point de salut hors du foyer et des tâches domestiques, et tant pis pour celles qui ne s'épanouiront pas dans ce cadre. On ressent l'envie de Calpurnia de se résigner par facilité parfois, mais surtout sa révolte ; en parallèle, l'auteur décrit très bien l'effervescence de la fin du siècle, les nouvelles inventions, les avancées sociales, et la sensation que peut-être, tout est finalement possible. C'est un roman réaliste mais plein d'espoir, dont j'ai beaucoup apprécié la fin ouverte qui nous laisse rêver au futur de Calpurnia.