jerenaitraidevoscendres


Elisabeth Brami

Flammarion

        Shosha est en Terminale. Voici son journal et plus encore. Shosha se sent comme un volcan prêt à cracher à tout moment ses laves brûlantes. Depuis qu'elle est née, c'est plus fort qu'elle, tout l'écoeure et l'enrage. Que comprendre de ce feu intérieur qui l'embrase et l'épuise ? Comment faire le choix de la vie, et surtout en cette année où l'Histoire la rattrape ?

        Après Chaque soir à 11 heures de Malika Ferdjoukh, voici le second titre de la collection Emotions, avec au programme la colère. Le roman est construit sous forme de journal intime : du haut de ses 17 ans, Shosha retrace sa jeune vie, et essaie de sortir toute la rage qui l'habite depuis ce qui lui semble être sa naissance. La violence de n'avoir pas été désirée, la sensation qui persiste de ne jamais être à sa place, tout sort en vrac au fil des pages. La première partie sur la colère à l'état pur est réaliste et très intéressante, surtout qu'on rencontre plus facilement des textes sur la souffrance que sur la colère, et que l'ensemble est agrémenté de citations mais aussi de poèmes rédigés par la jeune fille. Shosha va ensuite mener une enquête sur ses origines, et malheureusement le résumé en dit un peu trop pour qu'on ne devine pas la direction que va prendre l'histoire. La fin m'a semblé trop dans les schémas psychanalytiques (lapsus et autres secrets de famille). D'autant plus que Shosha semble assimiler les révélations finalement très facilement, avec peu d'aide extérieure ; un bémol sur la conclusion, donc.