carnetdunvampiretimide

 

Tim Collins

 Hugo et Cie

         Résumé de l'éditeur : Cette année, je vais avoir 100 ans, je me suis donc dit qu’il était temps que je tienne un journal. Peut-être lirez-vous ces lignes dans le futur alors qu’un imbécile aura planté un pieu dans mon cœur ou m’aura décapité. Qui que vous soyez, bienvenue dans mon tout premier journal intime.
À vos yeux j’ai l’air d’avoir 15 ans, c’est à cet âge que ceux que j’appelle aujourd’hui mes parents m’ont transformé en vampire. Ils m’ont transformé en même temps qu’une fille, qui est donc ma sœur, et à partir de là nous avons formé une famille.
C’est assez compliqué de tenir un journal tous les jours. Les humains commencent probablement par dire à quelle heure ils se sont levés, mais moi, je ne dors jamais.
Si vous vous demandez pourquoi je ne passe pas mes nuits dehors à chasser les humains pour sucer leur sang, c’est parce que papa et maman s’occupent de tout cela pour moi.
Une des choses (parmi tant d’autres) très agaçante au sujet de ma sœur, c’est qu’elle a décidé de ne plus boire que du sang animal et plus de sang humain. Pour des raisons « éthiques » paraît-il.
Je suis amoureux de Chloé.  Je le sais parce que je n’arrête pas de penser à elle depuis ce matin. J’ai déjà été attiré par des filles, mais cette fois je sens que c’est la bonne. Si je pouvais manger et dormir, je sais que je ne pourrais ni manger, ni dormir !

        Le registre des parodies est toujours délicat à manier ; soit ça passe, soit ça casse et ça devient un condensé de mauvais gags comme dans Imitation. Ici, ça passe ! Et ça passe même haut la main.
        Pourtant, ça n'était pas gagné avec le choix d'un vampire comme narrateur, parce que ce n'est pas le thème le plus original de ces deux dernières années... Peu importe, ce qui compte, c'est que le texte du Carnet intime d'un vampire timide est drôle, facile à lire et bien construit.
Comme dans le Journal d'un dégonflé, on suit les mésaventures d'un anti-héros : Nigel a beau être un vampire, il n'a pas les supers pouvoirs qui vont avec, se considère donc comme un raté et va par conséquent avoir les mêmes préoccupations qu'un adolescent d'aujourd'hui (excepté le fait que son père porte des chemises à jabot et joue du clavecin, évidemment). Du coup, sous le prétexte du vampire, et c'est là que le roman est malin, ce sont bien des questions de collégiens qui vont être passées au crible : comment gérer mes parents qui me font honte ? Comment m'intégrer aux groupes des autres élèves ? Et surtout, comment faire pour séduire cette fille, alors que dès que j'essaie de lui adresser la parole, mes canines poussent (vous voyez l'idée, version humaine ?) ? Bref, on sourit largement, et, aussi léger que le journal intime puisse paraître, il permettra peut-être de rassurer quelques lecteurs sur les premiers émois.
En résumé, ça n'est pas un "grand" roman, mais dans le style, c'est très réussi et m'a fait passer un très bon moment de lecture !