dernierjour

Lauren Oliver

Hachette

        Présentation de l'éditeur : Samantha Kingstone a tout pour elle : le petit copain le plus craquant du monde, trois meilleures amies géniales, et une cote de popularité illimitée. Ce vendredi de février aurait dû être un jour comme les autres. Un jour parfait dans une vie de rêve. Mais ce vendredi de février est le dernier pour Sam. Pourtant elle va obtenir une deuxième chance. Ou plutôt six chances. Six jours pour démêler le mystère entourant sa mort. Six occasions de découvrir la vraie valeur de tout ce qui l’entoure. Ce vendredi est le dernier jour de la vie de Sam. Ou le premier ?

C'est bizarre : on s'imaginerait que, lorsqu'un événement terrible survient, tout le reste disparaît, qu'on ne pense plus à aller aux toilettes, à manger ou à boire. Rien ne serait plus faux. Comme si l'âme et le corps ne faisaient pas qu'un, comme si ce traître de corps continuait imperturbablement à fonctionner, se fiant bêtement à ses instincts animaux, réclamant de l'eau, un sandwich ou un tour au petit coin alors que le monde s'écroule.

        Pas entièrement conquise par mes dernières pioches chez Black Moon, j'avais finalement passé mon tour sur Delirium, le premier roman de Lauren Oliver, en lui trouvant trop de points communs avec l'histoire de Promise qui m'était tombée des mains. Par contre, le résumé du Dernier jour de ma vie semblait prometteur : une journée qui se répète, une nouvelles chances, de nouvelles possibilités, bref des idées qui m'ont tout de suite fait penser au génial film Le jour de la marmotte (avec Bill Murray, drôlatique !), et une base d'histoire qui, bien exploitée, peut donner un excellent roman.
Malgré ça, étant donné que je suis une grosse cruche, je redoutais un peu le "Je-prends-une-héroïne-peste-et-superficielle-et-je-lui-donne-quelques-leçons-de-vie-qui-lui-font-prendre-conscience-que-les-valeurs-importantes-sont-l'amour-et-l'amitié-plutôt-que-d'assortir-son-gloss-à-ses-escarpins" (10 € à celui qui me trouve comment remplacer automatiquement mes espaces par des tirets).
        Rassurez-vous, j'en viens aux faits : c'est un très très bon roman. L'auteure a complètement su éviter les facilités qui s'offraient à elle, et je n'avait pas deviné un seul des enchainements d'événements pour chaque jour que (re)vis Sam, qui pourtant semblent logiques une fois mis en scène. Le décor du premier jour est bien planté, ce qui permet de découvrir ensuite les conséquences de chaque acte, minutieusement pensées. On en sait bien sûr un peu plus à chaque chapitre, on imagine ce que l'on ferait si le temps continuait de se répéter inlassablement, en boucle, on s'attache à Sam ; tout est soigneusement orchestré jusqu'à une fin qui s'intègre parfaitement dans le récit.
        L'auteure sert en plus cette excellente histoire grâce à une écriture cristalline, qui m'a fait penser aux deux romans de Gabriel Zevin (Je ne sais plus pourquoi je t'aime et Une vie ailleurs), et retranscrit parfaitement l'évolution de Sam, son gain de maturité, sa nostalgie, sa peur, son acceptation.
        Pas loin du coup de coeur donc pour cette découverte, et je ne compte pas en rester là : Delirium m'attend sagement dans la PAL !
Merci à Livraddict et aux éditions Hachette, cette lecture collait parfaitement à mes envies !