damnes

Lauren Kate
Bayard

Présentation de l'éditeur : Lorsque Luce entre à Sword & Cross, un lycée d’éducation surveillée, elle est d'emblée attirée par le ténébreux Daniel. Dans cet endroit sinistre où les portables sont interdits, où les élèves ont un passé lourd et où des caméras surveillent les moindres faits et gestes de chacun, Daniel devient une obsession. Mais le jeune homme évite Luce, qui est aussi courtisée par Cam, un beau brun aux yeux verts. Malgré sa fascination pour Daniel, Luce n’arrive pas à résister à Cam. Ce dilemme perturbe la jeune fille, déjà déstabilisée par la présence incessante d’ombres, qui la poursuivent et l’inquiètent depuis l’enfance. Tout est conçu pour que l'ordre règne à Sword & Cross, pourtant, ce lieu deviendra le théâtre de drames troubles et mystérieux...

          Si vous surfez régulièrement sur des blogs littéraires, vous avez difficilement pu échapper au battage médiatique qui entoure la nouvelle série Damnés : des concours à foison, une couverture alléchante, il n'en fallait pas plus pour intriguer la bookaholic que je suis... Et bien devinez quoi ? Vous vous souvenez de mon article sur Hush, hush ? Figurez-vous que j'ai encore moins aimé Damnés, et ça n'était pas gagné d'avance parce qu'il y avait du niveau !
          Commençons par l'histoire. Même base scénaristique que les autres parutions YA surfant sur la vague Twilight. Je rappelle, pour ceux qui seraient passés complètement à côté : une héroïne, un peu perdue (c'est l'expression politiquement correcte pour "cruche"), rencontre un beau jeune homme mystérieux (notez bien que ça ne marche pas s'il a des boutons), qui s'avère être en réalité, au choix : un vampire / un loup-garou / un ange (rayez la mention inutile). Bien. J'aimerai souligner qu'il n'est pas interdit d'étoffer cette base, nom d'un chien, et c'est là que beaucoup d'auteurs se plantent. Ici par exemple, le contexte de l'établissement de surveillance des mineurs aurait pu être beaucoup plus exploité,
que ce soit au niveau de l'ambiance (le mélange prison / asile d'aliénés, c'est du pain béni pour créer une ambiance pesante !) qu'au niveau du récit et des ressorts de l'action (connaitre les histoires de chacun et les raisons pour lesquelles ils sont sous surveillance, faire ressortir quelques personnalités psychotiques...) ; mais ces développement sont complètement zappés, et  pendant les 200 premières pages, il ne se passe rien, zéro, nada.
          Mais c'est au niveau de l'écriture que Damnés explose littéralement tous les records, et se démarque de Hush, hush, qui se laissait lire. Une écriture approximative, des mots qui semblent systématiquement tomber à côté du sens recherché, beaucoup de phrases qui sonnent faux... J'avais bien quelques doutes en tombant sur un "regard félin" et une "cascade sombre de cheveux" dès le premier paragraphe, et autres "yeux de pluie" qui accumulent les clichés, mais j'ai avancé malgré tout, naïvement peut-être. Au début, n'arrivant à isoler ce qui me gênait dans ma lecture, je relisais des passages en butant sur des formulations des niveaux de langage familiers ou soutenus mélangés, ou encore un choix de vocabulaire discutable. Jusqu'à ce qu'enfin je bloque sur cette phrase : alors que Luce observe Daniel avec admiration, elle le décrit ainsi : "il se penche pour gratter un genou sculptural". Waow. Non mais là chapeau bas, parce que le "genou sculptural", il fallait oser le placer tout de même. J'en suis limite admirative. A partir de ce moment, j'ai définitivement abandonné le roman, parcourant quand même les pages suivantes en diagonale par curiosité ; j'ai bien fait, parce que dans le genre métaphore qui arrive avec ses gros sabots, cette citation m'a bien fait rire : "[...] la jeune fille s'en voulut de gâcher ainsi le coucher du soleil. Mais que pouvait-elle y faire ? Et ces ultimes rayons étaient aussi précieux que les dernières gouttes d'un pot de miel."

Torment

          Bref, rien ne sauve ce roman, que j'ai trouvé lourd, poussif et ridicule et que je n'ai donc même pas fini. Je ne lirai pas la suite, parue sous le titre Torment en VO, et si la curiosité vous pousse à vous y risquer, je ne peux que vous conseiller d'essayer de le gagner à un des nombreux concours pour  économiser 16,90 €. Damnés est à paraitre le 18 novembre !