alice

David Chauvel (d'après Lewis Carroll)
Illustrations de Xavier Collette

Drugstore

Quand j'ai feuilleté l'album pour la première fois, j'ai tout de suite été séduite par les illustrations. C'est un style de dessin que j'aime beaucoup, qui joue sur les ombres et les lumières, avec un je-ne-sais-quoi qui laisse le lecteur mal à l'aise, et parvient donc à créer une ambiance qui colle plutôt bien avec l'histoire torturée de la pauvre Alice, perdue dans cet univers sans repères auxquels se raccrocher.
Par contre, au fur et à mesure que j'avançais dans ma lecture de la bande-dessinée, j'ai été assez déçue par le découpage des planches, très très haché, avec parfois une multitude de vignettes minuscules qui se succèdent. Du coup, la narration n'est pas fluide, et il faut s'accrocher pour s'imprégner de l'histoire. De la même façon, ce découpage saccadé empêche de mettre en valeur les illustrations, qui auraient mérité de s'épanouir dans des cases plus imposantes. Par exemple, à la page 22, on retrouve une succession de trois petites cases quasiment identiques lorsqu'Alice se retrouve coincée dans la maison du lapin blanc ; pourquoi ne pas avoir dessiné une seule grande scène ? Certains choix de mise en page m'ont vraiment laissée perplexe, dans le sens où ils m'ont donnée l'impression de desservir la continuité du récit.
Je maintiens néanmoins mon avis sur les dessins : ils sont magnifiques, avec des couleurs très travaillées (la scène où Alice tombe est très belle), et j'attends de voir à nouveau le travail de cet illustrateur, pourquoi pas sur d'autres supports que la bande dessinée.

alicetrou